Exposition

Bernard THOMAS - Intime conviction
Galerie Barnoud

par Florian BOURGEOIS

La galerie Barnoud consacre une exposition personnelle à Bernard Thomas.

Intégration – 3 Série Intégrations 2001 acrylique sur toile, verre siliconé, impact de balle 114 cm x 146 cm

Communiqué de presse :

« L’exposition Intime conviction propose un regard sur l’oeuvre de l’artiste français Bernard Thomas, né en 1953, dont le travail est exposé depuis les années 1970 en France, Suisse, Italie, Belgique et Japon. Il développe depuis une trentaine d’années des formes de réponses aux ‘’problèmes fondamentaux de l’homme : la guerre, la richesse, le sexe […]’’ [1] dont la principale consiste en la suppression de la fonction destructrice de l’arme à feu par substitution d’une fonction créatrice, celle d’un ‘’outil’’ plastique dont les impacts de tirs inscrivent des motifs dans la matière (verre siliconé retouché par applications de peinture et feuilles d’or). Dans la série Telex (1990), les impacts signifient, selon le codage Telex, des phrases ou mots : ‘’les armes parlent, étant donné l’incommunicabilité qui s’est installée entre les hommes. On ne sait pas quoi faire avec elles si ce n’est détruire et tuer. Au même moment, les politiciens parlent, reprennent le dialogue ou tout du moins tentent de le réinstaurer. Ainsi mon système propose de continuer le dialogue à partir du moment où celui-ci est censé ne plus exister. […] Ce qui m’intéresse, dans ce langage machine, c’est son côté universel, et sa lecture officielle. Je transpose sa structure. Ce sont des signes reconnaissables comme un langage codé, même s’ils ne sont pas caractérisés. Par conséquent, il demande de la part du spectateur l’effort de connaître et de comprendre. Ainsi le tableau est dans un premier temps accessible visuellement. Puis suivant le désir de chacun, on peut aller au-delà, par la lecture du message.’’ (2) Dans la série Constellations (2000), ‘’l’arme est devenue comme un pinceau’’, les impacts ne correspondent plus à un système de codage mais ‘’créent une matière picturale et sculpturale sur le verre’’ (1). Bernard Thomas approfondit le caractère pictural de l’impact dans les Intégrations (2001) où se mêlent acrylique sur toile de lin et impacts sur verre siliconé. Dans la série Désintégrations (2001), l’arme disparaît mais le principe de déflagration est conservé : les peintures sont réalisées à partir de la mise à feu de poudre, parfois mêlée à des pigments. Dans les Concessions (1992) Bernard THOMAS s’intéresse à la notion d’enrichissement : il disperse une certaine quantité d’or, d’argent ou de diamants (les Gorges du Tarn, le Moulin Rouge à Paris, un pont de Hannovre, Wall Street à New York, les 7 collines de Rome, …). Ce geste à la fois poétique et politique est le prétexte d’une oeuvre picturale ou sculpturale qui garde en mémoire la valeur monétaire des matériaux dispersés à laquelle s’ajoute celle du geste artistique. Jalousie sans vis-à-vis (2009), série de dessins, évoque le caractère équivoque de la censure face à l’érotisme et la sexualité. Enfin l’oeuvre Cupidon (2009) illustre quant à elle l’univers sculptural cohérent de Bernard Thomas qui utilise le laser depuis 1985, jouant avec les effets de reflets et projections de lumière. »

En marge de l’expo : concert du groupe Monade présenté par Sabotage ; dimanche 28 juin à 18h30 ; entrée : 5 euros

Plus d’info : Site de la Galerie Barnoud

Image : Telex (vivre) Série Telex 1990 double verre siliconé sur bois, impacts de balles, feuilles d’or 42 cm x 36,5cm

P.-S.

- Exposition du 16 mai au 11 juillet 2009 ; entrée libre
- Vernissage vendredi 15 mai à partir de 18h
- Ouvert les mercredis, vendredis, samedis de 15 à 19h et sur rendez-vous au 03 80 66 23 26
- Galerie Barnoud, 27 rue Berlier, 21000 Dijon (Bus Divia L1 arrêt Buffon ou L3 arrêt Théâtre Lamonnoye)

Notes

[1Bernard Thomas, avril 2009 / (2) : Bernard Thomas, extrait d’un entretien avec Emmanuelle Decroux, 1990