Exposition - Chalon sur Saône (71)

Cécile Bart - La suite dans les images
Musée Denon

par Florian BOURGEOIS

Cécile Bart (née en 1958 à Dijon, vit et travaille à Marsannay-la-Côte) propose une installation spécialement conçue pour le musée Denon, à Chalon-sur-Saône.

Cécile Bart et Pierre Leguillon [œuvre à quatre mains] pour l’exposition Baies vitrées, 2017. Villa Bernasconi, Lancy (CH). Peintures-collages et sélection de publicités de la collection du musée des Erreurs. © Dylan Perrenoud

Communiqué de presse :

« Cécile Bart développe depuis 1986 un travail explorant les potentialités de la peinture dans ses modulations de couleurs et de lumière, la mise en espace du tableau et la place du spectateur. Dans le dispositif qu’elle a spécifiquement conçu pour le musée Denon, elle offre une large place à l’image photographique. Elle invite chacun, dans le déplacement et la variation des points de vue, à appréhender de nouveaux montages visuels et à en faire l’expérience.

Le vocabulaire plastique de Cécile Bart, volontairement simple, se caractérise par la complexité de ses implications. Son matériau récurrent, le Tergal « plein jour », est un voilage qu’elle peint et opacifie avant de l’essuyer pour lui rendre sa transparence. Ces peintures/écrans, modulées par les effets de la lumière naturelle, constituent une invitation pour le regard à former de nouvelles images : derrière, autour, au travers… Installé dans l’espace, le tableau quitte donc le mur et Cécile Bart explore ce devenir spatial dans des configurations renouvelées, souvent spécifiques à chaque lieu.

Répondant à l’invitation du musée Denon et saisissant l’opportunité de travailler avec les collections du musée Nicéphore Niépce, l’artiste a conçu un dispositif à la fois formel et imagé. La figuration est rare dans sa production. Elle n’a employé la photographie qu’à de rares occasions, en jouant principalement avec des effets d’ombres et de lumière. Récemment, dans son importante installation Silent Show (CCCOD, Tours, 8 décembre 2017-13 mai 2018) elle a cependant mêlé peintures/écrans et projections d’extraits de films.

Cécile Bart, Restaurer, 1994. Peintures, collage. Chez l’un, chez l’autre, galerie Weller, Paris. © Marc Domage

« L’image a toujours été présente dans mon travail, depuis le début, mais mes outils étaient abstraits. Je peignais soit une surface monochrome, soit des surfaces plutôt géométriques rectangulaires ou carrées. J’avais besoin d’un vocabulaire très simple qui fît référence à l’architecture. Je peignais juste pour que l’on vît au travers et pour que ce que l’on voit au travers vienne faire image. Il y avait déjà cette idée de projection, d’image, de cinéma, car, si on bougeait, le cadrage n’était plus le même, la réalité qui faisait tableau était différente. Dès le départ, il y avait tout ça. »

Dans l’architecture classique et symétrique de la salle qu’elle investit au musée Denon, photographies et peintures/collages, alignées à la hauteur des yeux, à même le mur, y côtoient des projections. Le jeu des juxtapositions, alternances et superpositions, confère son rythme à l’ensemble, chaque médium conservant cependant sa propre logique. Dans la relation des éléments les uns avec les autres, se crée une unité de perception.

La suite d’images interfère elle-même avec les pleins et les vides de l’architecture, les parois, les portes, en créant des effets de débordement, de recadrage et de coupure – toute une affaire de décentrement du regard.

Cécile Bart, Posters, 2014. Posters, projections, peinture/écran. Le Portique, Le Havre. © Cécile Bart

Aucune place spécifique n’est assignée au spectateur, auquel est laissée la plus grande liberté de mouvement, pour une perception sans contrainte. Environné d’images et de rectangles colorés, se déplaçant dans l’espace à la façon d’une caméra, il peut faire ses propres travelings, panoramiques ou arrêts sur image, ou encore jouer avec la profondeur de champ. Les recadrages engendrés par les points de vue, les recouvrements d’images ou les entre-deux, sont à rapprocher de la pratique du montage cinématographique. Cécile Bart invite chacun à expérimenter un « cinéma in situ et en temps réel ».

Instants saisis de la réalité, les représentations de voiles, rideaux, grillages, drapés, plissés, étoffes, côtoient les ombres, contre-jours, brumes, flous, lumières, et corps tranquilles ou en tension. Ces photographies et photogrammes cinématographiques intègrent ici le vocabulaire plastique de Cécile Bart. Transparence, occultation, mouvement et lumière deviennent images.

Cécile Bart donne à voir et interroge la perception, dans la plus grande liberté laissée au spectateur. Elle invite à voir le musée autrement. »

Plus d’infos :
- site du musée Denon
- site de la ville de Chalon sur Saône

P.-S.

- Exposition du 4 mai au 14 octobre 2018 ; entrée libre
- Vernissage jeudi 3 mai à 19h30
- Ouvert tous les jours sauf le mardi et les jours fériés, de 9h30 à 12h00 et de 14h00 à 17h30
- Musée Denon, 3 rue Boichot / entrée par la place de l’Hôtel de Ville, 71100 Chalon sur Saône