Projection-débat

Cycle journal filmé : intégrale Le Panlogon de Lydie Jean Dit Pannel
L’Eldorado - ENSA Dijon

par Siloé PETILLAT

Le vendredi 14 janvier 2011 à partir de 19h30, l’ENSA Dijon vous propose de rencontrer Lydie Jean Dit Pannel et d’assister à la projection à l’Eldorado de l’intégralité de son "work in progrès vidéo", Le Panlogon, à l’occasion des 10 ans de cette aventure de travail.

Communiqué de presse :

« Commencé début 2001, lors de l’acquisition de ma première unité de montage vidéo personnelle, LE PANLOGON a toujours été le nerf de mes recherches et de ma réflexion. Cette collection de plans séquence vidéo, numérotés de 0 à l’infini est un travail mené au quotidien (tournage, montage et mixage), au rythme de la vie et des aléas de la mienne. À la fois autoportrait, journal de bord et carnet de croquis, ce travail m’a suivi dans tous mes voyages et lors de toutes mes expériences. Tous mes projets y naissent et s’y développent. Au fil des ans, des rythmes se sont installés, des récurrences, du sens. En plus du mien, j’ai traversé de nombreux pays à la recherche de l’image ultime. J’ai eu des fulgurances, j’ai assisté à d’incroyables mises en scène du monde et à des cadeaux du réel » Lydie Jean Dit Pannel.

Intégrale Panlogon (France, 2000-2010, 4h30)
En présence de la réalisatrice, Lydie Jean Dit Pannel
Pot offert à l’entracte

Lydie Jean Dit Pannel 2010

LE PANLOGON, Fiche technique et synopsis :

Work in progress video 2001 / 2011
Images / Montage / Réalisation : Lydie Jean-Dit-Pannel
Musique : Aurélie Briday (Pilgrims & Romans) / Eliott Z. Gualdi

Le PANLOGON est une collection de plans séquences vidéo, haïkus visuels et sonores, de quelques trames à quelques minutes. Comme des antennes sur le monde, ils sont à la fois autoportrait, journal de bord et carnet de croquis depuis 2001.

LE PANLOGON 1 - Printemps 2001 / Eté 2004 ( # 001 à # 444 )
74 minutes
Comme si les feuilles des carnets de voyages s’étaient volontairement mélangées : France, Chine, Jordanie, Inde, Malaisie, Maroc, Afrique du Sud, Québec, Taiwan, Italie, Hongrie, Espagne (Museo Vostell).

LE PANLOGON 2 - Automne 2004 / Automne 2006 ( # 445 à # 592 )
35 minutes
Colombie, France, Angleterre, Ouest Américain, Danemark, Mexique, Espagne, Hongrie, Pays-bas. Le projet « Mes encres » se dessine. Quête du papillon monarque.

LE PANLOGON 3 - Automne 2006 ( # 593 à # 626 )
12 minutes
France, Yucatan (Mexique). La « Chica mariposa ».

LE PANLOGON 4 - Hiver / Printemps 2007 ( # 627 à # 665 )
11 minutes
France, Thaïlande, Dubaï, Suisse, Lichtenstein.

LE PANLOGON 5 & 6 - Eté 2007 / Automne 2009 ( # 666 à # 804 )
41 minutes
France, Autriche, Venise, Floride, arrivée du format 16/9, Japon, Malaisie, Bornéo, Cambodge, Québec.

LE PANLOGON 7 - Hiver / Printemps 2009 ( # 805 à # 849 )
13 minutes 30
France, Exposition JE VOIS, Mexique.

LE PANLOGON 8 - Eté 2009 / Hiver 2010 ( # 850 à # 916 )
23 minutes
France, Allemagne, Pologne, Lituanie, Montréal, Andalousie, Exposition ALIVE.

LE PANLOGON 9 - Eté 2010 / Hiver 2011
France, Ouest Américain (Bonneville, Spiral Jetty, Charles Bukowski), Espagne (Museo Vostell). (En cours de montage)

Lydie Jean Dit Pannel - ON THE ROAD. USA 2010. Robert Smithson, Spiral Jetty, Great Salt Lake (UT).

Les 4 premières sessions du PANLOGON sont réunies et éditées dans le double DVD ARM IN ARM, Lydie Jean-Dit-Pannel 1990 / 2007, disponible chez ArtMalta.

Extrait du texte de Martine Le Gac, 2 mai 2010, dans le catalogue ALIVE.

"En comparaison avec les vibrations optiques d’autres vidéos que l’artiste a réalisées par ailleurs — Mille e tre, Circus, Arm in Arm — , montées à des cadences prodigieuses, le déroulement du temps dans Le Panlogon, quand il suit normalement son cours, semble ralentir comme si au cœur d’un réel ordinaire se trouvaient les sons inattendus et l’impondérable. Celui-ci se présente presque toujours sous la forme d’un micro événement. S’il est spectaculaire, il n’est le plus souvent qu’une succession de déplacements à la limite de l’insignifiance. Pourtant, la vache qui traverse la route et le chien qui s’endort, la chenille qui avance, le moindre geste, sont regardés comme des miracles de vie expressive. L’œil trouve à chaque fois, au fur et à mesure que s’égrainent les captures vidéo, un rien du tout d’une densité phénoménale qui, grâce à l’art, prend une allure exceptionnelle. L’ouïe et la vision, mises en alerte, gagnent en finesse, en reconnaissance de ce qui jusqu’alors n’était pas considéré comme remarquable."

Extrait du texte de Stephen Sarrazin, Tokyo Avril 2010, dans le catalogue ALIVE.

"L’objet sans fin, le projet à perpétuité de Lydie Jean-Dit-Pannel, Le Panlogon, navigue ainsi entre une captation brute d’un lieu, d’un événement chargé de potentialités, et l’acte de ciseler, ou d’extraire, trancher, là où il faut pour atteindre l’aura, l’épiphanie, la singularité d’une image-séquence, qui mène vers une quête du tout. Toutes les langues, voilà de quoi se compose cette œuvre qui les saisit au fil des voyages de l’artiste, de l’Europe à l’Amérique du Nord à l’Asie, des bribes de monologues, diatribes, échanges et réjouissances. Il en va de même pour les langages, les formes, les médiums, tous conviés dans cette entreprise qui fait de la collection un autoportrait allégorique. (…) Le Panlogon parle d’abord la langue de l’image en mouvement, et converse avec le cinéma, la télévision et l’art vidéo. Entre road movie et vidéo tourisme, nous reconnaissons le Monument Valley de Ford, la Devil’s Tower de Spielberg, traversées Américaines teintées de Brautigan et Bukowski et de culture rock. De la Floride à Las Vegas, le besoin de s’y être rendue informe la trame narrative, cinéphilique, de ce passage américain, tout entier tourné vers le lieu saisi plutôt que l’instant retenu. Incarnation d’un ailleurs si familier, auquel répondent les images des retours en France, et de ses micro-errances dans un appartement, une rue, une ville. Très peu d’effets, de trucages, un ralenti, une trouvaille sonore ; l’artiste aura effectué un dépouillement technologique au cours de cette décennie qui tire à sa fin. Elle passe ainsi de l’art vidéo à l’art actuel, en rendant la technologie invisible, mot d’ordre pour des artistes aussi distincts que John Sanborn et Bill Viola. Lydie Jean-Dit-Pannel a souligné à maintes reprises son amour pour l’œuvre de Wolf Vostell, auquel le passage 444 du Panlogon rend hommage, avec l’artiste posant nue, comme le firent tant de modèles chez Vostell, sur une installation voiture-béton qui se trouve en Espagne. (…)"

Plus d’info :
- site du cinéma Eldorado
- Facebook de Lydie Jean Dit Pannel

P.-S.

- Projection-débat le vendredi 14 janvier 2011 à 19h30
- Carte Culture : 3,50€ ; enfants (jusqu’à 12 ans) : 4€ ; abonnés : 4,30€ ; tarif réduit : 5,50€ ; tarif Plein : 7€
- Cinéma Eldorado, 21 rue Alfred de Musset 21000 Dijon (bus Divia L5 arrêt De Musset)