Exposition

DES ESPACES AUTRES - Saison 1
Frac Bourgogne

par Siloé PETILLAT

L’exposition d’été du Frac Bourgogne aux Bains du Nord présente des œuvres de Vito Acconci (1940 - 2017), John Armleder (né en 1948), Robert Bittenbender (né en 1987), Chris Burden (1946 - 2015), Peter Garfield (né en 1961), Imi Knoebel (né en 1940), Didier Marcel (né en 1961), Günter Umberg (né en 1942), Jacques Villeglé (né en 1926) et Meg Webster (née en 1944).

Communiqué de presse :

« Neuf artistes, treize œuvres et un titre emprunté à Michel Foucault pour cette neuvième exposition du FRAC Bourgogne dans son espace permanent d’exposition des Bains du Nord à Dijon.

Construite à partir d’œuvres appartenant aux collections de six FRAC, cette exposition a son origine dans le concept d’ « hétérotopie » forgé par Michel Foucault en 1967, et à qui elle emprunte son titre. Ce concept puisé dans la « boîte à outils » du philosophe français, qui défendait le fait de penser spécifiquement et d’agir localement, permet de réfléchir au travers des œuvres exposées à la question des espaces différents et des autres lieux. Cette réflexion s’ouvre également sur le champ des pratiques curatoriales et des expériences qu’elles offrent des œuvres et de l’exposition. Le cube blanc, hétérotopie en lui-même, espace chargé de règles et d’histoire d’accrochages et d’expositions, est activé comme un lieu où expérimenter les œuvres non seulement comme des objets, mais aussi comme des idées produisant du sens.

Contrairement aux utopies, les hétérotopies sont des « sortes d’utopies effectivement réalisées (...) ». La création d’hétérotopies est commune à toutes les cultures. Chaque hétérotopie a un mode de fonctionnement particulier. L’hétérotopie a la capacité de faire exister plusieurs espaces dans un seul lieu réel, de découper le temps, d’être tout à la fois un espace ouvert et fermé et de répondre à une fonction définie.

Les œuvres ici exposées révèlent les circonstances de l’exposition et proposent des expériences conceptuelles et sensibles de l’espace. Ce sont des univers créatifs différents, qui sont associés dans l’idée de créer par leur mise en espace des frictions et des fictions. Il est aussi question, dans cette exposition organisée autour d’œuvres de Vito Acconci, Chris Burden et de Didier Marcel, d’architecture et de mouvement, de lieux en devenir ou venant du passé.

Après ses premiers travaux de performeur, Vito Acconci va produire des sculptures architecturales, comme les deux œuvres présentées ici ; ces « adjustable wall bras » appartiennent à une série de six soutiens-gorge géants se concentrant, non sans humour, sur une partie intime du corps féminin. Ces sculptures permettent d’expérimenter, de façon concrète et symbolique, un espace monumental unique dans lequel le spectateur doit reconsidérer sa position face à cet abri incongru, mais protecteur.

Vito Acconci et Chris Burden ont en commun au travers de leur œuvre respective d’avoir interrogé le rapport au corps et à son échelle dans l’espace, ainsi tous deux iront de la performance vers des installations sculpturales monumentales et spectaculaires.

En travaillant sur l’échelle, Chris Burden, qui s’est fait connaître dès ses études par des travaux performatifs radicaux, oriente notre perception et interroge les limites de la sculpture. « La Tour des Trois Museaux » est exemplaire de cette volonté de l’artiste. Cette œuvre monumentale représente trois tours qui fermaient au Moyen-Age une entrée de la ville de Reims.

Les trois œuvres de Didier Marcel exposées convoquent, elles aussi, la question de l’échelle, mais à l’inverse de Vito Acconci et de Chris Burden, en utilisant la forme de la maquette, qu’il dote d’un mouvement giratoire. « Sans titre (Seita) » de 2004 représente une partie de l’ancienne usine Seita de Dijon, elle fait partie d’une série de maquettes de démolitions débutées en 1992. Contrairement à la fonction habituelle de la maquette, celle-ci ne marque pas le début d’un projet, mais la fin d’un projet industriel et prend ainsi la forme du monument à un drame social. « Sans titre » (1992), elle aussi motorisée, modèle la maquette d’un atelier d’artiste et « Sans titre (Dancing) » de 2002 est la maquette d’un bâtiment existant placée sur un support tournant. »

Astrid Handa-Gagnard, Directrice du Frac Bourgogne

Visuel de l’exposition : Atelier A. Lenz, Paris, 2018

Plus d’info : site du Frac Bourgogne

P.-S.

- Exposition du 5 mai au 16 septembre 2018 ; entrée libre
- Vernissage le vendredi 4 mai 2018 à 18h
- Ouvert le mercredi, le jeudi, le vendredi et le dimanche de 14h30 à 18h, et le samedi de 11h à 13h et de 14h à 18h ; fermé du 1er au 28 août
- Visites guidées gratuites tous les samedis de 11h à 11h45 et de 16h à 16h45
- Nuit européenne des musées le samedi 19 mai jusqu’à minuit
- Les Bains du Nord, 16 rue Quentin 21000 Dijon (Tram T1 ou T2 arrêt Godrans)