De l’autre côté. Photographies de Philippe Gronon
par Siloé PETILLAT
Communiqué de presse :
Le musée des beaux-arts de Dijon s’associe au musée Magnin pour accueillir l’exposition De l’autre côté. Photographies de Philippe Gronon, l’occasion de découvrir une sélection significative d’œuvres issues de la série des Versos photographiques, initiée par l’artiste en 2005. Au musée des beaux-arts, sont présentés 27 versos de tableaux provenant de grandes collections publiques françaises (musée du Louvre, musée d’Orsay, musée national d’art moderne, MAMAC de Nice, musée de Picardie d’Amiens, musées des Beaux-Arts de Nantes, de Lyon et de Dijon, musée d’art moderne de Saint-Etienne). Le cadre intime du musée Magnin offre quant à lui un écrin privilégié aux 11 Versos de peintures issues pour la plupart de collections particulières qui dialoguent ici avec les œuvres anciennes du musée.

La série des Versos
C’est en 2005 que l’artiste Philippe Gronon inaugure sa série des Versos en photographiant les revers de chefs-d’œuvre d’art ancien, moderne et contemporain. Née du simple constat qu’une fois retourné, un tableau acquiert un statut autonome et devient une œuvre en soi, cette série dépasse le simple exercice de style pour interroger la relation entre la peinture et la photographie mais aussi entre l’objet et son image. Porteur d’une mémoire secrète et souvent séculaire, le revers du tableau, habituellement accessible à quelques privilégiés du monde de l’art, raconte une histoire à la fois matérielle et symbolique. Loin de tout systématisme, l’artiste explore, à travers ces enregistrements photographiques, la diversité des matériaux, des formats, des couleurs et des textures tout en révélant l’esthétisme des écritures, des taches et des usures, et en jouant sur l’ambiguité de la relation entre le verso et son recto.

Philippe Gronon : « l’envers d’un tableau, sa face cachée dévoile autre chose »
La démarche de Philippe Gronon s’apparente ainsi davantage à celle d’un peintre qu’à celle d’un véritable photographe, même s’il en utilise le médium. Depuis le milieu des années quatre-vingt, l’artiste a choisi de travailler à la chambre et à l’échelle 1, selon un point de vue frontal cadrant au plus près des objets. L’image argentique est ensuite numérisée et contrecollée sur une plaque d’aluminium. Le soin particulièrement minutieux apporté à la qualité de la définition et de l’impression pigmentaire explique en partie le nombre limité des Versos dont les deux musées dijonnais présentent une sélection significative, enrichie par deux inédits, comme la fantasmatique Origine du monde de Gustave Courbet.
Plus d’info :
site du musée des beaux-arts de Dijon
site de Philippe Gronon
