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Des samedis Art rien faire / Paris sur Vingeanne
ArtBFC poursuit ses ambitions de diversité et de complémentarité dans les médiums et les approches à travers Des samedis Art rien faire / Paris sur Vingeanne. Cet évènement entremêle art plastique, musique, danse, cinéma et performance.
L’ambition est de faire découvrir un large éventail de pratiques contemporaines ; et contrairement à l’amateurisme flagrant que l’on rencontre généralement dans ce genre d’évènement, les artistes sont ici de très haut niveau.
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Extrait du communiqué de presse :
Les artistes / arts plastiques
Jean-Michel Alberola

- Jean-Michel Alberola, La question du pouvoir est la seule réponse - 2009 - lithographie - coll privée
Peintre associé à la Figuration libre, Jean-Michel Alberola interroge l’idée « de la fin de la peinture » chère au XXème siècle, au travers de toiles et d’œuvres peintes à-même le mur. En effet, dans les années 80, Jean-Michel Alberola était préoccupé, comme d’autres peintres de sa génération, par le devenir de la peinture et la pertinence de sa pratique. Pour Jean-Michel Alberola, la seule façon de rendre une pratique picturale pertinente aujourd’hui est de la remettre dans les choses du monde. Alberola poursuit une perspective essentielle de son travail : engager sa peinture dans un rapport dialectique au réel, inscrire sa pratique dans le devenir de l’histoire. Alors l’image cesse d’être immédiatement lisible en s’ouvrant à l’opacité du monde. Peintre avant tout, il utilise pourtant de multiples médium dans ses œuvres (photographies, cartes postales, objets trouvés, films et textes) à la recherche d’un lien entre la peinture, l’écriture et la parole. Le dessin occupe une place très importante parmi les nombreux moyens d’expression qu’affectionne Jean-Michel Alberola. Les sculptures en néon de Jean-Michel Alberola, dessinant des paroles ambiguës, entre prophétie provocatrice, slogan politique et jeu de mot interrogent la valeur du slogan, du mot d’ordre à l’origine de la création. Les œuvres en néon mêlent réflexion politique et artistique et questionnent le spectateur sur sa relation à l’œuvre d’art et sa commercialisation. La présence dans le travail de l’artiste d’œuvres aussi différentes que des néons, des dessins, des gouaches, des peintures, manifeste la volonté de Jean-Michel Alberola d’être un artiste imprévisible proche de l’esprit de continuation et de remise en cause propre à l’art de la fin du XX° siècle. (Musée d’Art Moderne de Saint-Étienne)
Le travail de Jean-Michel Alberola sera présenté par Alexandre Rolla, historien et critique d’art, commissaire d’expositions, enseignant à l’École supérieure des Beaux-arts de Cherbourg- Octeville et à l’Université de Franche-Comté.
Dein Klub
Dans un registre apparemment plus parodique, le collectif Dein Klub
réalise depuis cinq ans une adaptation génialement bricolée du «
Waterworld » de Kevin Costner dans leur lieu de vie. Pour ce faire,
ils proposent chaque semaine de les rejoindre pour tourner certaines
scènes. S’attaquer à ce film précis est en soi un positionnement
artistique, voire une démarche d’ordre performatif : Waterworld est à
l’époque où il sort, emblématique d’une surenchère technique et
financière d’Hollywood. A l’époque, il est le film le plus cher jamais
réalisé, un record justifié par une volonté de porter un message
écologique au plus grand nombre. De fait, le résultat proposé par
Dein Klub n’est finalement pas très parodique, mais constitue bien
plus un double instable, un passionnant décalque du film original.
Réalisé avec le même sérieux et la même détermination que le film
de Costner, et recourant comme dans l’original à une grande
ingéniosité pour résoudre des problèmes ardus de cadrage, le
résultat apparaît finalement ni plus ni moins réussi que la version
américaine. Et là précisément réside la démonstration de Dein Klub : leurs scènes ennuyeuses le
sont certainement autant que dans l’original, leurs scènes d’action aussi fortes, leur scènes
romantiques aussi touchantes. La différence ? Environ 200 millions de dollars. Ce faisant, le
collectif allemand oppose au relatif échec commercial du projet original la démonstration d’une
véritable écologie de travail en actes, qui déborde Costner sur ses propres ambitions politiques.
Rodolphe Huguet
Rodolphe Huguet propose un travail artistique qui mêle
douceur et violence dans une sorte d’exploration autour des limites
réelles et métaphoriques des matériaux. Par le détour d’une douce
dérision dans laquelle il lui arrive de se mettre en scène, il souligne
nos croyances et nos repères socioculturels qui structurent la
représentation et la transformation du réel. A l’écoute des fines
expressions des matériaux traditionnels comme des techniques les
plus contemporaines, il développe une pratique décalée dans
laquelle l’humour n’exclut pas la violence, le soin du détail coïncide
avec la déraison la plus affirmée. En effet, ses œuvres sont
empreintes d’un certain activisme visant les procédés marchands
par lesquels la représentation du réel sert une identité territoriale.
Alors il endosse le rôle et s’habille du costume culturel des
sociétés occidentales pour nous amener à la caricature acerbe de
nos propres repères.
En se confrontant à des projets qui dépassent tout sens de
la mesure, il trouve le moyen de construire un monde imaginaire qui rappelle à la fois les
aventures d’un Jules Verne avec l’obsession critique d’un Thomas Bernhard. On ne sait plus où
commence le jeu métaphorique et où s’impose encore la violence du réel. Au Québec, Rodolphe
Huguet a édité et distribué un magazine d’annonces proposant d’acquérir avec le sérieux
pléthorique du discours commercial des icebergs du Saint Laurent. En Inde, il a demandé à des
peintres d’affiches de cinéma de le mettre en scène dans le costume d’un père Noël aux dix bras
de Siva puis s’est filmé dans un ballet improvisé en pleine rue debout sur le porte-bagages d’un
cycliste. Si parfois l’ironie semble dominer son œuvre, elle est toujours généreuse. Ses gageures
sont toujours sincères et motivées par l’honnête intention de jouer avec le public comme avec ses
complices. (Jérôme Diacre)
Rémi Tamain
Rémi Tamain appartient à cette génération d’artistes
qui s’amusent des échos référentiels de l’histoire
de l’art et des œuvres promues au rang d’icône et reconnaissables
par tous.
Depuis des situations décalées liées à sa propre
origine et condition sociale, Rémi Tamain élabore un
ensemble d’objets, de photographies, de sculptures, et
constitue à chaque production, un élément supplémentaire
de son vocabulaire et d’une syntaxe personnelle.
C’est ce frottement des origines avec sa pratique artistique
qui constitue à cet instant la source de son imaginaire
et produit un sourire, un rire débarrassé de sa
graisse.
L"aspect a priori ludo-éducatif des travaux de Rémi Tamain recèle parfois un regard chargé
d’une humeur noire et d’une nostalgie poétique, mais dont la politesse de l’humour esquive le pathos.
Langueur dont certains pairs contemporains de Rémi Tamain forment un ensemble, d’Erwin
Wurm à Philippe Ramette ou plus anciens, comme Buster Keaton et Jacques Tati.
Il y a donc chez Rémi Tamain une phénoménologie du contreplaqué, matériau qui à l’instant
de ses lignes apparaît comme une structure manufacturée exsangue de nodosités, et récurrent
pour la réalisation de ses travaux de sculptures.
Toutefois, il semble que le narratif ne soit pas absent de son œuvre. Ainsi, les titres qu’il indique
pour ses pièces proposent une sorte de conte par le biais de cadavres exquis que construit
le regardeur. (Gilles Forest, directeur du CAC de Caen)
Remi Uchéda
Rémi Uchéda cherche à créer une grammaire formelle qui soit en rapport avec des formes
de vie, des comportements, des allures, des positions… L’acte de création s’inscrit dans une
attitude gestaltiste, le geste est saisi comme pratique problématique de la relation à l’espace. Toute
ironique et disparate qu’elle puisse paraître, l’intentionnalité artistique interroge la perception, les
notions de relativité spatiale, le poids des corps, notre gesticulation
vitale."
Chantal Vey
La première fois qu’il a recouvert de scotch double-face un objet,
ça a été un bureau pour faciliter les démarches d’adhésion au bureau
d’adhérence. Non par amour de la tautologie mais pour savoir :
comment revenir à la position initiale ? Comment la structure s’adapte
quand on la colle ? Comment notre charpente osseuse se découple
avec plus ou moins de souplesse de l’engluement ? L’intérêt de
l’exercice réside aussi dans le champ lexical qu’il déploie : adhérence,
maintien, structure, tenue, posture, appui… chargez ces mots dans
votre mémoire vive et mettez en place les éléments nécessaires pour
un jeu de culbuto cérébral entre vos deux lobes frontaux. Tout ce dont
nous parle Rémi Uchéda peut se transposer, dans un basculement
matériel/irréel, de la danse vers le formatage social. (Hugues Jacquet)
Les artistes / arts vivants
Joëlle Léandre, Contrebasse
Joëlle Léandre, contrebassiste, improvisatrice et
compositrice française, est une des figures dominantes
de la nouvelle musique européenne. Formée à la
musique d’orchestre et à la musique contemporaine,
elle a joué avec l’Itinéraire, 2e2m et l’Ensemble
Intercontemporain de Pierre Boulez. Joëlle Léandre a
aussi travaillé avec Merce Cunningham et John Cage ;
ce dernier, avec Scelsi, Fénelon, Hersant, Lacy,
Campana, Jolas, Clémenti et une quarantaine d’autres
compositeurs ont écrit spécialement pour elle.
Outre la musique contemporaine, Léandre a
travaillé avec les grands noms du jazz et de
l’improvisation, Derek Bailey, Antony Braxton, George Lewis, Evan Parker, Irène Schweizer, Barre
Phillips, Pascal Contet , Steve Lacy, Raymond Boni, Lauren Newton, Daunik Lazro, Fred Frith,
Peter Kowald, Urs Leimgruber, Mat Maneri, Roy Campbell, Mark Nauseef, Marilyn Crispell, India
Cooke, Jean-Luc Cappozzo, John Zorn et tant d’autres…
Elle a beaucoup écrit pour la danse, le film, le théâtre, et réalisé plusieurs performances
multidisciplinaires. Elle reçoit la DAAD à Berlin en 1994, et est accueillie en résidence à la Villa
Kujiyama (Kyoto). En 2002, 2004 et 2006 elle occupe la Chaire Darius Milhaud, pour la
composition et l’improvisation, comme Visiting Professor au Mills College à Oakland (Californie).
Ses activités de créatrice et d’interprète, tant en solo qu’en ensemble, l’ont conduite sur les plus
prestigieuses scènes européennes, américaines et asiatiques.
De 1981 à 2009, Joëlle Léandre a enregistré près de 150 disques.
Sébastien Bacquias, contrebasse
Sébastien Bacquias a commencé dans la musique par le rock avec Nicolas Thirion (actuel
directeur de Why Note). Il s’est ensuite consacré à la contrebasse classique, pour travailler le son
acoustique et s’ouvrir à d’autres perspectives. Il a beaucoup joué dans des bars et continue la
pratique du jazz dans plusieurs formations en cherchant à s’adresser
au public le plus large.
Il participe au groupe Projet Vertigo, d’inspiration rock, qui
explore une matière sonore électroacoustique tout en créant des
chansons qui s’inspirent du blues, de la folk, du rock’n roll, des
ballades. Cela l’amène à créer des paysages sonores simples pour
donner la primauté au texte, mais de manière plus ouverte que la
chanson française.
Sébastien Bacquias s’intéresse en outre aux musiques
actuelles, qui associent des modes d’expression plus modernes :
loop box, vidéo, samples, laptop, écriture en temps réel... et participe
aussi à des festivals de slam ou de hip hop avec Disiz La Peste. Il
s’est produit dans des contextes très différents : musiques
contemporaines, jazz, rock, festival littéraire, ou des lieux atypiques
tels qu’une salle de boxe.
Il voue une grande admiration à Joëlle Léandre et il lui rendra hommage lors du concert de
Fontaine-Française. (D’après un entretien avec Armel Bloch)
Ousseni Sako, danse
« Sindi signifie porteur de vie. C’est un
témoignage que je donne en me laissant guider par la
justesse des mouvements qui coulent dans mon sang
rouge de vie, qui se répand aux quatre vents. L’air, la
terre, l’eau et le feu, les quatre éléments naturels, sont
mes muses. L’air à travers le didjeridoo ; l’eau à travers
les tambours d’eau ; le feu à travers l’impulsion tantôt
contrôlée, tantôt explosive qui met mon corps en
mouvement et la terre, ce sol qui me porte, qui nous
porte. Avec mon corps, je ne forme qu’un seul et unique
être et ce corps je l’ouvre aux autres, je le livre au
regard des autres, sans avoir peur de ce qu’ils vont y
découvrir. Ce solo est né de mon envie d’avoir une
certaine relation d’intimité avec le sol, la terre témoin de
notre histoire et cette intimité est renforcée par les musiciens, mes autres moi et ensemble, en des
langages divers, nous ressentons, nous vivons et nous exprimons la même chose. »
Ousseni Sako
Dans ce solo, le danseur évolue accompagné par le didjeridoo, la guitare et le tambour
d’eau. Chaque instrument joue son rôle en accompagnant le danseur. Ainsi de façon très intime, le
rythme du tambour d’eau donne au danseur la sensation d’être transparent, d’avoir le pouvoir
d’entrer en communion avec les ancêtres. A travers la terre, ils lui transmettent le message qu’à
son tour il passera aux vivants.
Sindi, shut up est une confrontation intérieure, un retour au sol, une recherche de traces. (D’après Esther Ouoba)
Programme
samedi 25 Septembre
Impasse du Château, Montigny-sur-Vingeanne
17h : Présentation des œuvres de Jean-Michel Alberola par Alexandre Rolla ; Durée 45’
18h30 : Vernissage
samedi 9 Octobre
Église de Fontaine-Française
20h : Concert de la contrebassiste Joëlle Léandre, 1ère partie par le contrebassiste Sébastien Bacquias ;
Musique improvisée et contemporaine (Scelsi/Cage/Léandre/Bacquias), Durée : 1h40
samedi 16 Octobre
Impasse du Château, Montigny-sur-Vingeanne
Après-midi et soir : Suite du tournage de WOTØRWOERLD. Peter Haury et Jens Hermann du collectif de Stuttgart Dein Klub tourneront de nouvelles scènes de leur film. Toutes les personnes intéressées peuvent participer comme acteur. Les demandes
sont à adresser à ArtBFC.
samedi 23 Octobre
Salle polyvalente de Fontaine-Française
16h30 : Spectacle contemporain du danseur africain Ousseni Sako (Burkina-Faso)
Sindy, shut up ; Durée : 30’
Impasse du Château, Montigny-sur-Vingeanne
18h : Performance du plasticien Rémi Uchéda, avec la participation de danseurs ; Durée : 30’
Plus d’info : Site de artBFC
