Exposition

Expositions de printemps
Le Consortium

par Siloé PETILLAT

Les expositions du printemps 2018 du Consortium sont consacrées à Jay DeFeo (née en 1929 à Hanover, New Hampshire, USA ; décédée en 1989 à Oakland, CA, USA), Matthew Lutz-Kinoy (né en 1984 à NYC, New York, USA ; vit et travaille à Los Angeles, CA, USA, et Paris, France), Rebecca Warren (née in 1965 à Londres, UK, où elle vit et travaille) et Pierre Keller (né en 1945 à Gilly, Suisse ; vit et travaille à Saint-Saphorin, Suisse).

Communiqué de presse :

Jay DeFeo, Untitled (détail), 1973

Jay DeFeo, The Ripple Effect - featuring : Trisha Donnelly, Sam Falls, Rachel Harrison, Wyatt Kahn, Ron Nagle, Gay Outlaw, Tobias Pils, R. H. Quaytman, Ugo Rondinone, Bosco Sodi, Oscar Tuazon

« Jay DeFeo était une figure centrale de la célèbre communauté Beat de San Francisco. Elle grandit dans la région de la baie de San Francisco, reçut sa formation artistique à Berkeley et fut diplômée des beaux-arts en 1951.
À cette occasion, l’université lui alloua une bourse qu’elle utilisa pour voyager en Europe et en Afrique du Nord entre 1951 et 1952. Elle séjourna à Paris et à Florence, où elle créa son premier ensemble d’œuvres de maturité.
À son retour aux États-Unis en 1953, Jay DeFeo devint une figure célébrée au sein de la célèbre communauté d’artistes, de poètes et de musiciens de jazz de San Francisco. Elle travailla avec des matériaux non conventionnels pour explorer la sculpture, le dessin, le collage et la peinture dans leurs définitions les plus larges. En 1958, elle commença à travailler sur ce qui, selon elle, était « une idée qui comportait un centre » ; près de huit ans plus tard, en 1966, elle acheva The Rose, une œuvre monumentale créée avec tant de peinture à l’huile que l’artiste la qualifia de « mariage entre peinture et sculpture ». »

Commissariat : Franck Gautherot et Seungduk Kim

Matthew Lutz-Kinoy, Southern Garden of the Château Bellevue, 2018

Matthew Lutz-Kinoy - Southern Garden of the Château Bellevue

« Quand on regarde Matthew Lutz-Kinoy réaliser ses grandes peintures qui figurent (parfois) des personnages mythologiques, c’est un peu comme si cela coulait de source. C’est rapide. Il sait exactement ce qu’il fait et où il va. Pourtant il refuse délibérément de s’enfermer dans un médium. Non par réaction, mais simplement parce que sa curiosité est panoramique. Il aborde constamment de nouveaux territoires. Costumes, déguisements et mode (il coopère avec les stylistes d’Eckhaus Latta) sont les éléments de ses diverses performances qui sont souvent collaboratives. En mars, au New Museum de New York, c’est en compagnie du producteur Sophie (alias Samuel Long avec qui il avait fondé un groupe) qu’il construit une lecture sur l’influence de la musique pop contemporaine. Au MoMA PS1, en avril, c’est avec l’artiste Tobias Madison qu’il rejouera une pièce du metteur en scène japonais culte et queer Shuji Terayama. Cet été, à Naples, il va investir de ses masques en céramique l’incroyable Palazzo Donn’Anna chargé de mystérieuses légendes et qui se situe en face du Vésuve. Nous avons rencontré Matthew Lutz-Kinoy dans son nouvel atelier de Los Angeles. »

Commissariat : Stéphanie Moisdon

Rebecca Warren, Tate St Ives © Seraphina Neville

Rebecca Warren - Tout Ce Que Le Ciel Permet

« D’un bout du monde à un autre
« Les femmes pensent dans les films de Douglas Sirk. Habituellement, les femmes réagissent, elles font ce que les femmes sont supposées faire, mais avec Sirk elles pensent. Ça fait du bien de voir des femmes qui pensent. »
Rainer Werner Fassbinder

« Tout Ce Que Le Ciel Permet » est la traduction française de « All That Heaven Allows », au sens propre comme au sens figuré. Rebecca Warren a d’abord pensé l’exposition pour la Tate St Ives dans les Cornouailles. Un dernier pan de terre avant la mer qui évoque selon ses mots, et comme le film de Douglas Sirk dont elle a emprunté le titre, « la liberté et la limitation ». En passant à l’est et dans les terres, l’exposition recompose un ensemble d’œuvres qui racontent comment Rebecca Warren associe l’histoire de la sculpture à la sienne, la tradition au quotidien, le sérieux à la frivolité, la maîtrise au déséquilibre. Warren se joue avec virtuosité des codes de la sculpture. À l’aide de pompons, de couleurs acidulées et de formes à la fois grotesques et sensuelles, elle hybride ses grands bronzes d’une féminité corrosive. Avec l’argile crue, elle en contredit aussi la permanence. Des structures en métal qui empruntent au minimalisme et des vitrines où le néon et des petits éléments du quotidien s’agencent en autoportraits mettent sa propre virtuosité à distance, comme pour introduire du récit dans l’expérience de l’exposition. Rebecca Warren trouve toujours le moyen d’intégrer à son œuvre tout ce qui l’intéresse et l’amuse, générant ainsi un peuple d’objets qui dans un même mouvement virevoltent et s’enlisent. »

Commissariat : Anne Pontégnie

Pierre Keller, Untitled, 2017

Pierre Keller - My Colorful Life

« Le parcours de Pierre Keller (né à Gilly, Suisse, en 1945) dans le champ culturel suisse et international est particulièrement riche et diversifié. Graphiste de formation, il a d’abord travaillé en Suisse et en Italie (avec Eugenio Carmi), conjuguant son intérêt pour l’art optique et cinétique et à sa connaissance du vocabulaire des arts appliqués modernes. S’installant aux États-Unis et au Nova Scotia College of Art au début des années 1970, il découvre l’art conceptuel et réalise ses fameux « Kilo-Art » (inventant une nouvelle unité qui sera validée par le Bureau fédéral des poids et mesures de Berne...), puis s’intéresse au médium photographique en utilisant notamment le Polaroid. Dans l’effervescence du New York des années 1970-80, il côtoie Nan Goldin et Keith Haring, et débute une carrière d’enseignant, avant de devenir, dans les années 1990, le directeur influent de l’École cantonale d’art de Lausanne (ECAL).

En 2006, il a reçu le Prix du Rayonnement décerné par la Fondation vaudoise pour la culture (FVPC). En 2007, Pierre Keller a été nommé Docteur Honoris Causa de la European University de Barcelone et distingué par le prestigieux Merit Design Preis Schweiz. Cette même année, il a participé activement à la mise en place des nouveaux locaux de l’ECAL à Renens dans un bâtiment réhabilité par l’architecte suisse Bernard Tschumi. En 2009, il a obtenu le Prix de Lausanne pour avoir largement contribué au rayonnement de cette ville dans le monde. »

Commissariat : Stéphanie Moisdon et Éric Troncy

Voir en ligne : site du Consortium

P.-S.

- Expositions du 2 février au 20 mai 2018
- Vernissage le vendredi 2 février 2018 à 18h
- Ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 18h (20h le vendredi) ; fermé les jours fériés
- Tarifs : entrée au Consortium 4 € ; gratuit le vendredi à partir de 17h ou tous les jours pour les Amis du Consortium, les moins de 18 ans, les groupes scolaires, les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires du RSA, les invalides, les étudiants, les journalistes, les critiques d’art et les artistes
- Visite commentée gratuite et sans réservation de l’une des expositions en cours au Consortium le vendredi à 18h30
- Le Consortium, 37 rue de Longvic 21000 Dijon (bus Divia L6 arrêt Princes de Condé ou L5 ou 12 arrêt De Musset)