Exposition

Faustine Suard - Permanent Marker* #1 : Home is a home is a home
A.B.C. - ENSA Dijon

par Siloé PETILLAT

Souhaitant promouvoir la jeune création et favoriser la monstration du travail des jeunes artistes issus de l’ENSA Dijon, l’A.B.C. s’est associée avec l’école et présente, sous le titre Permanent Marker, emprunté à Stefan Brüggemann (Show title, #169), une exposition de Faustine Suard, née en 1990 à Lyon et diplômée en juin dernier.

Faustine Suard, Souche(s), plâtre, dimensions variables, 2014 - copyright : Faustine Suard

Communiqué de presse :

Faustine Suard, née en 1990. Diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Art de Dijon en juin 2014. Elle utilise le médium vidéo, sonore et travaille également en volume. Depuis 2012, elle développe un travail qui s’articule autour de la relation entre le corps et l’espace. L’espace étant pour elle une enveloppe dont le corps en est le noyau, un lieu que l’on habite. Elle considère l’espace comme étant un double du corps, mais également un lieu de projection psychique et un lieu de mémoire. Faustine Suard crée des situations de tensions, des corps à corps entre l’espace et l’élément qui l’habite. Ces dispositifs interrogent l’espace intime, l’inconscient et également la mémoire, aussi bien architecturale qu’humaine.

« Home is a home is a home. Le mot anglais home, se traduisant difficilement en français, nous projette au centre du questionnement artistique de Faustine Suard : l’espace que l’on habite et qui nous habite, avec lequel on s’identifie et duquel on se dissocie, avec qui l’on se fond, contre qui l’on se bat. Tandis que maison définit un corpus architectural, le mot home englobe plus largement un endroit concret ou plus abstrait, composé et défini par un individu et par son état d’âme ; home peut être à la fois une maison en béton ou un corps en chair.
[Il nous ressemble.]
Gaston Bachelard constate qu’ « avant de devenir figure onirique ou lieu imagé de notre passé ou notre futur, la maison abrite et rend possible ce processus de mémoire. ». Faustine Suard transforme la matière en matière qui transforme. Les ossements rigides d’une construction affrontent la nature organique de son matériau et les objets uniformes deviennent des individus, manipulés par l’évolution de la collectivité.
[Il nous infecte.]
L’espace mutant ne miroite pas toujours l’humain mais également l’étrangeté. L’artiste met en jeu des rapports de force confrontant le géant et le minuscule ainsi que l’ introspective et l’ « extrospective ». Venant de l’intérieur du contenant, le moléculaire s’apprête à se répandre et à reprendre le contrôle. Les murs le retiennent, il se retire, se repose, grandit de nouveau. Dans un équilibre incertain les virus envahissants et l’architecture résistante peuvent coexister.
[Il nous submerge.]
Les murs qui nous protègent ne sont pas inatteignables. Ils sont fragiles face aux influences extérieures. Les catastrophes s’infiltrent avec une force destructrice. La sculptrice et vidéaste questionne la déliquescence de chacun au moment d’une crise. Comment se sauver du silence qui s’étoffe jusqu’au vrombissement étouffant : l’espace est irréparablement déformé, les traces de l’individu noyées, il est trop tard. La sélection de ces trois travaux présentés tord l’esprit du spectateur : les archétypes d’une maison, la miniature d’une maison, l’ intérieur d’une maison permettent tout sauf une mise à distance. On est face à des lieux de projection dans lesquels on circule ou s’arrête un instant, on se positionne, on reste face à l’inconnu. On ignore ce qu’il se passera, ce qu’il s’est déjà passé ou ce qui est en train de se passer. À quel point nous échappe le contrôle de notre espace intime et comment l’espace devient notre double physique et psychique ? »
Hannah Deutschle

Faustine Suard, Submergée(s), vidéo, 10'29'', 2014 - copyright : Faustine Suard

« Mon travail trouve sa source dans la notion de « corps-enveloppe », considérant le corps comme premier lieu où l’on habite. À l’origine, j’altérais la représentation du corps en utilisant le médium photographique ou vidéo ; et le corps en lui même par le biais d’artefacts, de prothèses et d’orthèses qui déstructuraient et déformaient l’enveloppe charnelle, troublant ainsi la représentation du corps, traduisant l’idée d’un envahissement psychique lié à un envahissement physique, révélant ce qui nous habite, ce qui nous anime. Cela me conduit à m’interroger actuellement sur le dialogue « corps-espace », à venir habiter l’espace par des métaphores du corps. L’espace serait ainsi le second lieu que l’on habite, le corps en étant le noyau, le centre. Je considère l’espace comme double du corps, comme un lieu de projection. Je crée des situations de tension, des corps à corps entre l’espace et l’élément qui le parasite, qui l’habite. Ces dispositifs interrogent l’espace intime , l’inconscient et également la mémoire, aussi bien architecturale qu’humaine. »
Faustine Suard

Faustine Suard, Virus, vidéo d'animation, 3'02'', 2013 - copyright : Faustine Suard

Plus d’info :
- site de l’A.B.C.
- site de l’ENSA Dijon
- site de Faustine Suard

P.-S.

- Exposition du 12 novembre 2014 au 14 janvier 2015 ; entrée libre
- Vernissage le jeudi 13 novembre 2014 à 18h
- Ouvert du mardi au samedi de 13h à 18h
- Hall de l’A.B.C., 4 passage Darcy 21000 Dijon (tram T1 ou T2 arrêt Darcy)