Exposition - Besançon (25)

Jean Le Gac - Sur mes propres traces
Galerie Jean Greset

par Siloé PETILLAT

La Galerie Jean Greset, à Besançon, accueille une exposition personnelle de Jean Le Gac, artiste qui peut se targuer d’être représenté dans la collection de la moitié des Fonds régionaux d’art contemporain français. Ce peintre qui a renoncé à peindre aux alentours de Mai 1968 poursuit sa réflexion sur le rôle de l’artiste, non sans humour.

Communiqué de presse :

« Vus de l’intérieur, les personnages de peintres chez les écrivains sont toujours à tomber le cul par terre, de Zola à Henry James en passant par Houellebecq. À coup de bleu de Phtalo (« phtalocyanine » pour faire initié)- en y consacrant un peu plus de temps il aurait pu nous donner le gris de Payne, le vert de vessie - il nous brosse son peintre. Je n’avais lu que son Lovecraft ce dont tout le monde ne peut se vanter. Je lui pardonne ce peintre parce qu’il y massacre métaphoriquement et Koons, et Hirst, et tant qu’à faire des célébrités l’auteur Houllebecq et lui-même. Entendu au Café du Commerce, il nous dit qu’en dessous de l’étiage de cinq cent mille euros le tableau il ne reste plus que des crétins en peinture, dont il vaut mieux ne rien savoir. Je n’en fais pas un drame mais je me suis identifié quand même, d’où cette exposition en forme de traces d’un peintre qui sur ces critères vous est certainement inconnu. Il s’agit bien ici chez Jean Greset, à Besançon, de disparition d’un peintre. » Jean LE GAC.

Jean Le Gac

Jean Le Gac est né en 1936 à Alès dans le Gard et passe son adolescence sur le site minier de Carmaux dans le Tarn. Il part à Paris pour faire des études de professeur de dessin, carrière qu’il mènera jusqu’au bout, de front avec celle d’artiste plasticien. Actuellement il vit à Paris et expose en France et à l’étranger.
L’artiste va être révélé à l’occasion de l’exposition Mythologies Individuelles à la Documenta V à Kassel (Allemagne) en 1972. Son thème récurrent, les tribulations d’un artiste peintre - dont la carrière aurait dû être la sienne si la Grande Peinture n’était pas morte avec Picasso - se développe entre fiction et confession, entre peinture et littérature, dans la rencontre de genres dits mineurs. En cela il renouvelle le principe de l’illustration, la verve et l’imagerie romanesque des romans de séries. L’artiste est repéré comme appartenant au mouvement du Narrative Art né dans les années 70. Son appropriation de la figuration par le dessin, la peinture ou la photographie, mise en résonance avec des fragments de récits, reste le vocabulaire de base de la construction d’une figure mythique d’artiste dont l’identité est tributaire de la fonction, mais dont les rôles varient à l’envi. Cependant, sans jamais dériver de cette enquête sur Le Peintre, dans un va-et-vient permanent entre réel et imaginaire, Jean Le Gac, qui pose sur l’art d’aujourd’hui un regard narquois et amusé, met fondamentalement en jeu son identité pour nourrir une œuvre qui relève de l’art du comportement.

Plus d’info : site de la galerie Jean Greset

P.-S.

- Exposition du 4 mai au 4 juin 2011 ; entrée libre
- Vernissage le mercredi 4 mai 2011 à partir de 16h en présence de l’artiste
- Ouvert du mercredi au samedi de 10h à 12h, de 14h à 19h et sur rendez-vous
- Galerie Jean Greset, 7 rue Rivotte 25000 Besançon