Exposition

Klara Lidén

Le Consortium

par Siloé PETILLAT

Une installation monumentale de Klara Lidén est à découvrir tout l’été dans la salle au mur courbe du Consortium.

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Communiqué de presse :

De la réappropriation

« “Aujourd’hui nous avons atteint un point où ce n’est pas l’art que nous voyons d’abord, mais l’espace. [...] L’œuvre est isolée de tout ce qui pourrait nuire à son auto-évaluation. Cela donne à cet espace une présence qui est le propre des espaces où les conventions sont préservées par la répétition d’un système de valeurs clos.” Klara Lidén a, comme tant d’artistes, lu les essais de Brian O’Doherty, mais c’est comme peu d’entre eux qu’elles les a assimilés, digérés, et qu’elle en rejoue aujourd’hui les enjeux dans des installations à l’intelligence sauvage.

Vue de l'exposition de Klara Lidén au Consortium, 2015

Cela ressemble à du found art, ces matériaux plus que cheap qu’elle récupère, ces piles de vieux cartons prêts à être recyclés, ces montants d’échafaudages, ces barricades de police, qu’elle rapporte à vélo jusqu’à l’espace d’exposition. Pourtant il n’est pas seulement question de cela, de ces choses qui deviennent art parce que disposées dans l’espace de la galerie, plutôt de ces choses qui, par un mouvement inverse et parallèle, ouvrent la galerie sur l’extérieur de l’art. L’existant vient polluer l’espace dévolu à l’art tout comme il polluait la rue quelques minutes auparavant. Il ne se modifie pas en passant la porte, sa structure moléculaire et sa charge artistique restent identiques, stables. Simplement, cette réappropriation des matériaux par l’artiste se mue en une réappropriation de l’espace. Et c’est exactement là que Lidén se différencie d’un artiste comme Gedi Sibony dont la pratique pourrait sembler proche, en rendant l’espace d’exposition à son état naturel, son état d’espace, tout simplement, sans qualificatif.

De la déconstruction

“Aujourd’hui, l’espace n’est plus ce dans quoi quelque chose advient, ce sont les choses qui font advenir l’espace.” Par sa manière radicale d’emplir les espaces de ses expositions à ras bord, Lidén développe une technique de déviance des espaces de leur fonction première. Bloquant l’accès à l’une des salles du Jeu de Paume, l’ayant bourrée de bâches publicitaires récupérées et pliées, jusqu’au débordement, empilant soigneusement l’intégralité du contenu de son appartement dans l’une des corridors du Moderna Museet de Stockholm, elle s’affronte aux limites physiques comme aux conventions sociales, aux normes inhérentes au cadre de l’espace neutralisé.

Vue de l'exposition de Klara Lidén au Consortium, 2015

Offrant refuge aux pigeons chez Reena Spaulings, à quiconque en aurait besoin à Berlin et utilisant un socle démesuré aux allures de white cube impénétrable au Moma, les étranges accumulations et assemblages de la jeune suédoise mettent le corps au centre sans jamais le mettre en scène. Non sans rappeler les dissections de bâtiments de Matta-Clark, elles démantèlent, disloquent, déconstruisent l’espace, “Dé-, dis-, ex- : ce sont les préfixes d’aujourd’hui. Et non post-, néo- ou pré-.” Et cette déconstruction appliquée à l’architecture, tout comme celle, originelle, appliquée à la métaphysique, loin de signifier une destruction, permet de mieux comprendre une construction. “La déconstruction désigne l’ensemble des techniques et stratégies utilisées par Derrida pour déstabiliser, fissurer, déplacer les textes explicitement ou invisiblement idéalistes.” Tout comme les white cubes. »

Aude Launay, revue Zero 2, n° 55

Plus d’info : site du Consortium


- Exposition du 20 juin au 27 septembre 2015
- Vernissage le vendredi 19 juin 2015 à 18h
- Ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 18h (20h le vendredi) ; fermé les jours fériés et du 15 au 25 août 2015
- Tarifs : entrée au Consortium 4 € ; gratuit le vendredi à partir de 17h ou tous les jours pour les Amis du Consortium, les moins de 18 ans, les groupes scolaires, les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires du RSA, les invalides, les étudiants et enseignants spécialisés (histoire de l’art, beaux-arts, arts décoratifs, architecture), les journalistes, les critiques d’art et les artistes
- Visites commentées gratuites de l’une des expositions en cours au Consortium : pour tous le vendredi à 18h30, le samedi et le dimanche à 16h ; pour les enfants de 6 ans à 12 ans accompagnés d’un adulte le mercredi à 16h
- Le Consortium, 37 rue de Longvic 21000 Dijon (bus Divia L6 arrêt Princes de Condé ou L5 ou 12 arrêt De Musset)

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