Exposition

La ville africaine
ArchiDB - Radiofonies Europe - Ville de Dijon

par Siloé PETILLAT

Parallèlement au Festival les Nuits d’Orient, Architecture Dijon Bourgogne présente en simultané dans plusieurs lieux dijonnais une exposition documentaire et artistique sur le thème de la ville en Afrique subsaharienne. De nombreux ateliers et rencontres sont également prévus, du 15 novembre au 14 décembre 2013.

Communiqué de presse :

Après notre exposition créée en 2011, sur le thème des bidonvilles, nous avons souhaité aborder la question urbaine en Afrique noire, car ces villes se développent principalement sur le modèle de l’auto-planification et de l’auto-construction. L’ampleur du phénomène est tel, que la situation est unique au monde. Par ailleurs, la population urbaine, sur ce continent, pourrait tripler en 40 ans pour passer de 400 millions à 1,2 milliard d’habitants. Pour comparer, la population de la France a seulement doublé depuis la Révolution française.

Ainsi, nous avons cherché à observer ce qui rassemble ces villes, à cerner leurs identités, leurs modes de développement, à identifier les acteurs qui les construisent, par-delà le bien et le mal. Nous avons également placé au centre de nos interrogations la question du fonctionnement. Sont-elles efficientes ? Quels sont les bons critères pour les analyser ? Qu’est ce que les africains ont inventé d’intéressant ? Y a t-il une spécificité africaine ? Quels sont les problèmes ? Ou encore, la ville africaine serait-elle la cité jardin idéale ? Aurait-elle la forme urbaine qui génère le plus de sociabilité ?

L’Afrique subsaharienne est un continent homogène culturellement, mais multiple. Ainsi, l’histoire, le niveau de développement, la vie sociale, la richesse de villes comme Mombasa ou Lagos sont différents. Mombasa, principal port du Kenya est une ville plusieurs fois millénaire orientée sur le monde Arabe, l’Inde, l’Asie. Lagos, la ville aux vingt milliardaires, est orientée vers les Etats-Unis et rêve de devenir le New York africain. Elle est la capitale économique du Nigéria et la plus grande ville d’Afrique subsaharienne, nourrie aux pétrodollars et portée par un marché intérieur de 170 millions d’habitants.

Affiche de l'exposition La ville africaine

Ceci étant, nous constatons assez distinctement que les villes africaines ne répondent pas aux critères classiques de la modernité, c’est à dire en se développant parallèlement au secteur industriel et en produisant des quartiers thématisés. Elles inventent un modèle urbain d’un nouveau genre, d’une alter-modernité, où l’auto-gestion y joue un grand rôle - car l’État est peu présent - où la vie sociale est riche, où le village urbain est le modèle dominant, où la rue est très vivante. Ainsi, les échanges se passent très souvent dehors, une chaise posée devant la maison, un mariage dans la rue, des marchés dans tous les quartiers, des églises dont les chants résonnent sur la chaussée, des chapelets de petits commerces fixes et ambulants, des jardins sur les boulevards, de la musique amplifiée souvent très forte... Bien entendu, on y trouve également des autoroutes urbaines, quelques grands centres commerciaux, des petites tours, signe d’un standing international. Mais, ils ne dominent pas.

Nous avons également cherché à montrer ce qui fonctionne dans la ville africaine et pourrait nourrir notre réflexion pour faire évoluer nos villes européennes.

Pour mener cette recherche, nous nous sommes rendus à Addis Abeba (Ethiopie), Ouagadougou (Burkina faso), Bamako (Mali), Cotonou (Bénin), Lagos et Ibadan (Nigéria), Kinshasa (RD Congo), Dar es Salaam et Zanzibar (Tanzanie), Mombasa (Kenya) et Dakar (Sénégal).

Artistes présentés : Moké, Moké fils, Shéri Samba, Shula, Bodo, Maitre Sim Simaro, Mr Sym’s, Cheri Cherin, Sébastien Godret, Jean-Pierre Elie.

Plus d’info :
- site de l’exposition La ville africaine
- programme des différents évènements :

Programme La ville africaine
Pdf, 1.70 Mo

P.-S.

- Exposition du 15 novembre au 14 décembre 2013 ; entrée libre
- Vernissage à La Ferronnerie le vendredi 15 novembre 2013 à 18h30
- La Ferronnerie, 2 rue Auguste Comte 21000 Dijon : ouvert du mardi au samedi de 13h à 19h (bus Divia L6 ou 11 arrêt Théâtre)
- Latitude 21, 33 rue de Montmuzard 21000 Dijon : ouvert du mardi au vendredi de 9h à 12h et de 14h à 18h, ainsi que le samedi de 14h à 19h (bus Divia L3 ou 19 arrêt Montmuzard)
- Grilles du jardin Darcy, place Darcy 21000 Dijon : en permanence (tram T1 ou T2 arrêt Darcy)