Exposition

Le chœur à sa place
Association Triple Hélice

par Siloé PETILLAT

Didier Dessus (né en 1962), Frédéric Lormeau (né en 1962) et Pierre-Yves Magerand (né en 1961) présentent une exposition collective dans les travées de Saint-Philibert, église du XIIème siècle désaffectée au culte depuis la Révolution. Ces trois artistes dijonnais ont souhaité jouer avec les traces et vestiges des différents usages du lieu (l’église fut successivement une écurie, un magasin de salpêtre et un entrepôt à sel).

Communiqué de presse :

« Cette exposition regroupe trois artistes vivant à Dijon : Didier Dessus, Frédéric Lormeau et Pierre-Yves Magerand. Ces trois artistes s’entretiennent depuis de nombreuses années autour des questions de l’art et de leurs pratiques respectives. Si leurs œuvres différent par leurs supports, leurs matériaux et leurs formes, elles ont en commun une relation forte à l’espace qui les accueille. Peinture, dessin, sculpture, céramique, vidéo ou encore performance sont autant de médiums possibles.
Ces œuvres singulières et différentes, mais unies par des territoires communs, ont déjà fait l’objet de plusieurs expositions dialoguées.
Pour cette nouvelle proposition intitulée Le chœur à sa place, ils investissent l’Eglise Saint-Philibert.
Dès les premières visites, le choix d’un accrochage s’est imposé au contact de la texture des enduits fatigués, à la vue d’un sol de sable où viennent s’échouer des brisures de pierre, à la découverte d’éléments de décor en dépôt, à l’impression laissée par les appareillages et étaiements de voûte qui consolident certaines structures affaiblies.
Ainsi cet édifice roman rarement ouvert au public sera l’occasion d’une déambulation et d’une promenade architecturale rythmée et ponctuée d’œuvres, pour la plupart inédites.

Vue de l'exposition Le chœur à sa place, église Saint-Philibert, Dijon, 2019

Didier Dessus peint des monuments historiques fragiles, des fleurs fanées, des copies à moitié effacées de tableaux anciens, des paysages industriels (usine dijonnaise Lejay-Lagoute) sur des fonds gris ou noirs, ces figures peintes apparaissent comme des filigranes spectraux.

Vue de l'exposition Le chœur à sa place, église Saint-Philibert, Dijon, 2019

Pierre-Yves Magerand façonne patiemment des volumes minces, parfois plans, souvent fragiles et délicats, auxquels il associe de la couleur.
Il en résulte un répertoire de formes épurées, agitées par un questionnement générique autant qu’introspectif, autour de la notion de paysage.
Tels des indices et des traces, il dispose ses œuvres à même le sol, au plus près de cette surface qui recueille nos propres expériences physiques et sensibles du monde.
La conception et le format de chaque projet favorisent une proximité inédite pour le spectateur, elle-même amplifiée par un jeu de libres associations dans lesquelles le minéral croise le végétal comme l’organique.

Vue de l'exposition Le chœur à sa place, église Saint-Philibert, Dijon, 2019

Depuis 2010, les pièces de céramique de Frédéric Lormeau appartenant à la famille des « Réalia » sont issues d’un protocole donnant au corps performant de l’artiste une place centrale. Les conditions temporelles, spatiales et matérielles de l’élaboration déterminées, le dispositif construit (supports circulaires évidés), le travail commence dans une dynamique chorégraphique : une sorte de « task performance ». Répétition, force gestuelle, endurance, concentration, jeu d’adresse, esquissent une partition à géométrie variable. La réponse architectonique sera la résistance de la forme soumise à l’épreuve du feu. Fragilités, fentes, ruptures, retraits, éclats forment la résolution architectonique, écrivent l’historiographie de la sculpture en terre cuite à même la forme. Interviennent alors émaillage ou exposition prolongée aux intempéries, enfumage, teinture. Modulaires, les pièces dialoguent avec le lieu, le registre chtonien, dramatique ou mallarméen peut laisser place à la gourmandise d’une pâtisserie .

Vue de l'exposition Le chœur à sa place, église Saint-Philibert, Dijon, 2019

On trouve dans les œuvres de ces trois artistes une tension vers la fragilité, la fragmentation, l’éparpillement, mais aussi vers la concentration de formes épurées circulaires plus ou moins évidées.
Le chœur à sa place, comme une invitation à une lecture polyphonique et active des espaces, vient accompagner chaque visiteur dans son propre déplacement. »

Plus d’info : 06 61 48 39 91

P.-S.

- Exposition du 29 juin au 30 juillet 2019 ; entrée libre
- Vernissage le samedi 29 juin à 11h
- Ouvert du mardi au samedi de 14h à 18h
- Église Saint-Philibert, rue Michelet 21000 Dijon (bus Divia L4 arrêt Bossuet ou tram T1 et T2 arrêt Darcy)