Exposition

Le futur doit être dangereux
Musée des Beaux-Arts de Dole, FRAC Franche-Comté, FRAC Bourgogne

par Florian BOURGEOIS

Le Musée des beaux-Arts de Dole, en partenariat avec les FRAC Bourgogne et Franche-Comté, propose, à travers cette exposition, d’aborder les notions d’autorité, de pouvoir et de contre-pouvoir au sein de nos sociétés. Conçue à partir des collections des deux FRAC, cet évènement témoigne de la place importante et singulière du Musée en tant qu’acteur de la création contemporaine de la grande région.

Communiqué de presse :

« Le futur doit être dangereux. Comment se saisir de cette phrase écrite en lettres d’or par l’artiste espagnole Dora Garcia ? Est ce une constatation désemparée face à la course folle vers la destruction et la mort où semble nous emporter l’histoire de l’humanité et son accélération subite depuis un siècle, ou une injonction radicale à une forme d’anarchie, pour reprendre le pouvoir sur nos vies et nos pensées, sur le monde ?

La question du pouvoir et de possibles contre-pouvoirs est au cœur de cette exposition qui, à partir d’un choix d’œuvres appartenant aux collections des deux Fracs de la grande région Bourgogne-Franche-Comté, tente une approche de la notion d’autorité et des structures de pouvoir qui organisent et régissent nos sociétés. Les artistes, « simples » témoins de leur temps, éveilleurs de conscience ou véritables activistes, sont et ont souvent été les premiers à décrypter les mécanismes du pouvoir et à en révéler la violence, sourde ou plus éclatante. La critique radicale et cinglante d’un Hans Haacke dénonçant les rapports troubles de la finance, de l’art et de la guerre répond à l’humour grinçant d’un Peter Regli transformant le traditionnel coucou suisse en signal guerrier. Le pouvoir de l’argent versus le pouvoir des armes. À la violence des armes et du pouvoir, qu’il soit économique, géopolitique, ou culturel, les artistes répondent à rebours par le rire – même s’il est parfois jaune – comme arme et comme détonateur pour saper les fondements et la légitimité de toute forme d’autorité. Par le biais de l’humour qui déboulonne tous les piédestaux, ou par des déplacements plus tragiques, plus poétiques, comme ceux opérés par Alighiero Boetti ou Servane Mary, l’art opère comme contrepoint, contre-pied et contre-pouvoir.

Sous les auspices de la fameuse phrase de Guy Debord reprise en lettre d’acier par Loïc Raguénès « Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu » et de la mémoire communarde activée par Christoph Weber, les œuvres présentées ici sont un appel à l’échappée, à une forme douce et souterraine, ou plus brutale, de rupture, inspirée par une tradition libertaire, pirate, anarchiste... ainsi les œuvres de Roman Signer, Steven Parrino, John Giorno, Gianni Motti, Dominique Ghesquière, Mohamed Bourouissa sonnent comme une réponse « punk » à la phrase prémonitoire de Dora Garcia : No Future ? Le futur doit être dangereux ...

avec les œuvres de : Alain Bernardini, Alighiero Boetti, Mohamed Bourouissa, Dora Garcia, Dominique Ghesquière, John Giorno, Hans Haacke, Servane Mary, Gianni Motti, Steven Parrino, Raymond Pettibon, Loic Raguénès, Peter Regli, Matthieu Saladin, Roman Signer, Christoph Weber. »

Plus d’info :
- Facebook du musée des beaux-Arts de Dole

P.-S.

- Exposition du 29 novembre 2016 au 19 février 2017 ; entrée libre
- Vernissage le vendredi 29 novembre 2016 à 18h30
- Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h (en nocturne jusqu’à 20h deux mercredis par mois) ; fermé le dimanche matin.
- Musée des Beaux-Arts de Dole, 85 rue des arènes 39100 Dole