Exposition

Lucy Watts - Successful products
L’atheneum, centre culturel de l’université de Bourgogne

par Siloé PETILLAT

L’atheneum accueille une exposition personnelle de Lucy Watts (née en 1988 à Chambéry, vit et travaille entre Mâcon et Paris).

Communiqué de presse :

Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2011, Lucy Watts réalise des installations qui mêlent dessins, impressions, éditions, dessins muraux et parfois vidéos.

Elle s’intéresse à la visualisation d’informations chiffrées et de données statistiques et son utilisation dans notre société. Le simple geste de dessiner ces informations remets en cause leur contenu et questionne leurs objectifs. Le dessin permet d’avoir une distance sur l’information retranscrite et donc une méfiance envers le contenu. Le dessin introduit une maladresse, une gaucherie qui donne un ton humoristique et décalé.

Lucy Watts, The Donut Hole, lithographies, 76 x 106 cm, sur papier BFK Rives, 2013

Depuis 2011, elle a été accueillie dans plusieurs résidences d’artistes et participe en 2012 au 57e Salon de Montrouge et à la 9e biennale de Mulhouse. En 2013, elle investit les murs de la galerie de l’Institut français de Dresde avec son exposition personnelle “Socrate est mortel”. Elle a récemment ouvert son atelier d’impression à Mâcon où elle pratique la lithographie.

Sa nouvelle exposition, Successful products, présente l’ensemble de ses nouvelles lithographies et installations.

Lucy Watts, Successful Products, tryptique de 3 lithographies, 65 x 50 cm, 2013

« Successful products est le nom d’une entreprise américaine produisant des T-shirts. Quelle bonne idée de choisir un adjectif aussi qualificatif comme nom pour l’entreprise. Nous sommes convaincus avant même de savoir ce qu’ils vendent.

Qu’est-ce qu’un produit raté, qu’est-ce qu’un produit qui a du succès ? Est-ce qu’une œuvre est un produit à succès, est-ce que les artistes produisent des successful products ?

Il existe aux États-Unis un « musée des produits ratés ». Un collectionneur passionné a décidé un jour de collecter tous les produits au concept nouveau ayant été retirés du marché pour cause d’insuccès. C’est le sort de 80 % des nouveaux produits qui trouvent une place sur les rayons de supermarché. Nous sommes constamment sollicités pour essayer de nouveaux produits aux concepts inédits mais seulement 20 % sont intégrés à notre consommation.

The Daily Pet Drink fait parti de ce cimetière de la société de consommation. Ce soda aromatisé au bœuf et destiné aux animaux domestiques n’a curieusement pas été adopté par les consommateurs. En dessinant cette publicité, j’ai créé une campagne publicitaire fictive et absurde d’un produit traduisant un échec commercial.

Cette série se compose de 29 variantes de la même image obtenues par des combinaisons et des superpositions de couleurs liées au processus d’impression. Avec une économie de moyens, à savoir 3 matrices et 3 couleurs – cyan, magenta, jaune, j’ai produit une multitude d’images. Je ne me suis pas posée la question est-ce que cette couleur se marie bien avec celle-ci ?- comme le ferai un graphiste, ma démarche étant d’explorer et d’expérimenter un maximum de possibilités jusqu’à la saturation. Les couleurs fluos et les légers décalages dans le repérages accentuent l’agressivité et l’intensité de l’image, le but étant d’enivrer le spectateur.

Les logos « Successful products » du triptyque et inscrits sur le linoléum manifestent ce surplus de produits et le malaise que provoque le martèlement des réclames, stratégie fondamentale de la communication.

Ma démarche

Je m’intéresse aux dysfonctionnements et aux failles présentes dans notre environnement social, économique et politique. Je tente de cerner les acteurs et les mécanismes d’une société en déséquilibre.

Le dessin m’offre une légèreté, une rapidité, une liberté dans l’exécution. J’aime la technique de la lithographie car elle est cohérente avec ma démarche : j’aime les aplats, les couleurs vives et intenses, la force qu’une image peut avoir en sortant de la presse. Le résultat graphique est proche d’un poster, d’une affiche publicitaire, mais ce qui éloigne ce tirage d’une approche purement communicationnelle, c’est le processus de fabrication qui reste artisanal et bricolé (anti-industriel et anti-autoritaire).

Le trait dessiné associé à un bricolage, me permet d’affirmer une position de résistance et de critique face à des sources d’information tels que les médias, les experts, les scientifiques. Le simple geste de dé-contextualiser et de dessiner ces informations - plutôt que de les prendre telles quelles, remet en cause leur sens et questionne leurs objectifs. Le dessin permet d’avoir une distance sur l’information retranscrite et une méfiance envers le contenu. »

Lucy Watts

Plus d’info :
- site de l’atheneum
- site de Lucy Watts

P.-S.

- Exposition du 12 novembre 2014 au 31 janvier 2015 ; entrée libre
- Vernissage le mercredi 12 novembre 2014 à 18h30
- Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 17h30 et les soirs de spectacles
- Atheneum, esplanade Érasme 21000 Dijon (tram T1 arrêt Érasme ou bus L5 arrêt Mansart)