Exposition

Marie Lepetit - Les archipels
Interface

par Florian BOURGEOIS

Pour son exposition de rentrée Interface a choisi d’inviter Marie Lepetit.

marie lepetit, archipel I, 2011 technique mixte, 460 x 420 cm

Communiqué de presse :

« Marie Lepetit est peintre, une peintre abstraite dont le travail repose sur l’usage de contraintes et de règles grâce auxquelles elle invente des espaces à la fois visuels et mentaux, comme des correspondances ou des reflets d’un monde insaisissable par d’autres moyens que picturaux. Dans ses œuvres récentes, elle utilise des équerres de tailles diverses pour dessiner des formes géométriques faussement parfaites, qui structurent la surface par enchaînements, croisements et superpositions. Des interventions précises et mesurées de couleur, un travail de rehaut et d’accentuation des lignes engendrent des tableaux et des dessins complexes, dans le fond desquels le module triangulaire de l’équerre s’est absorbé. » Extrait du texte d’Olivier Grasser

Pour l’exposition Les archipels, Marie Lepetit reprend ce long et rigoureux processus qui consiste à tracer des réseaux géométriques enchevètrés les uns aux autres et en créer des volumes. Elle fait partie de ces artistes qui renouvellent le langage pictural abstrait, elle le structure d’une façon vivante et poétique et donne à sa peinture une étendue et une légèreté aérienne. Dans cette exposition, l’attention portée à l’illumination, aux différents plans de lumière, et aux possibles points de vues permettront de prendre la mesure du travail de Marie Lepetit.

« (...) Lorsqu’on s’en approche, ce qu’on entend en fait, ce n’est pas tant le discours de l’artiste que la musique de l’œuvre. Marie Lepetit le sait et le dit volontiers. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire que l’œuvre véritable est dépourvue d’autre intention que celle d’exister. Elle hait la moindre instrumentalisation car elle sait que c’est dans le silence sur lequel repose les sons quasi inaudibles de l’œuvre picturale que loge son unique projet. Ce qui rattache peut-être, et l’en distingue tout autant, l’œuvre de Marie Lepetit à l’Art Minimal, c’est avant tout le son minimal qui se déploie sans faille d’une œuvre à l’autre. Marie sait que la musique qu’elle fait naître n’est jamais que la modulation du silence tel qu’un poème porte la sonorité des mots. Précise, méthodique, son équerre d’une main, le stylet dans l’autre, elle trace ces portées de points lumineux qui d’eux-mêmes forment des constellations involontaires. C’est de l’évolution du poignet guidé par l’instrument que la surface s’anime et plonge le regard dans un univers que l’on peut qualifier de primitif. Pourquoi primitif ? Parce qu’il nous est aussi familier qu’étranger. Là où les Minimalistes se voulaient fondateurs, Marie Lepetit semble défonder la responsabilité historique de l’art. En effet l’œuvre file. D’un geste elle apparait et en une infinité de petits gestes elle se décompose et se recompose en ondes continues. Peinte sur le mur, elle devra disparaître ; elle appartient essentiellement à la disparition qui saisit aujourd’hui un grand nombre de milieux. L’éphémère qui efface les images, le désert silencieux de la solitude, le son sourd des choses, n’est-ce pas ce que à quoi secrètement nous aspirons tous ? N’est-ce pas cet espace sans bruit mais animé d’une subtile musique graphique que nous propose l’art de Marie Lepetit ? (...) » Extrait de Le mur et La pensée, d’Alain Charre, 2008

Plus d’info : site d’Interface

P.-S.

- Exposition du 15 septembre au 29 octobre 2011 ; entrée libre
- Vernissage le samedi 17 septembre à partir de 11h
- Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h, et sur rendez-vous ; fermé le 14 juillet
- Interface, 12 rue Chancelier de l’Hospital 21000 Dijon (Bus Divia L1 arrêt Buffon ou L3 arrêt Théâtre Lamonnoye)