Accueil du site > Archives > 2012 > Juin
Michel Campeau - Dans la chambre noire
par Siloé PETILLAT
Communiqué de presse :
À l’heure où le numérique a définitivement supplanté la technique argentique en photographie, Michel Campeau [né en 1948] est parti à la recherche des dernières chambres noires existant encore dans le monde. De 2005 à 2009, il inventorie et photographie tel un anthropologue ces lieux amenés à disparaître. Il documente ainsi la fin d’une technologie, d’une époque qui a construit en partie la photographie. Il décortique les chambres, en montre les fragments significatifs, usant du flash et jouant de la couleur pour souligner la valeur esthétique de ces objets patinés par l’usage.

La photographie a été inventée au nom du progrès et n’a dès lors cessé d’évoluer, de se perfectionner. Aujourd’hui, la technologie numérique a pris le pas sur la technique argentique. Les imprimantes, cartouches d’encre, ordinateurs et autres logiciels de retouche de l’image ont peu à peu remplacé le laboratoire de développement, sa lumière inactinique, sa chimie… L’artisan tireur a laissé la place à l’informaticien spécialiste du pixel. Comme toute chose vouée à disparaître, les chambres noires dégagent aujourd’hui un parfum de nostalgie. Celles que Michel Campeau a dénichées à travers le monde sont les vestiges quasi archéologiques d’une époque qui a construit en grande partie la photographie. L’artiste en dévoile la beauté comme la trivialité, en montre la dimension mécanique et l’aspect bricolé. Il explore un fouillis apparent qui ne parle qu’aux seuls initiés. Armé d’un appareil numérique, pied de nez aux défenseurs conservateurs de l’argentique, il fixe l’obsolescence des lieux, la patine des objets qui en fait toute l’esthétique. Il cadre, s’approche, flashe et met ainsi en valeur des couleurs et des formes inattendues, parfois proches de l’abstraction. Objet photographique, la série documente l’histoire de la photographie.

Biographie :
Les travaux de Michel Campeau
jalonnent les quatre dernières décennies
de la photographie contemporaine.
Soucieux de les inscrire dans
une intériorité allant à contre-courant
du médium et en rupture avec
les conventions formelles du documentaire,
ses œuvres expérimentent
les dimensions subjectives, narratives
et ontologiques de la photographie.
En 1994, Michel Campeau remporte
le Prix international de la photographie
d’Higashikawa au Japon. Un survol
rétrospectif intitulé Les images volubiles
– Travaux photographiques, 1971-1996 a été organisé par le Musée canadien
de la photographie contemporaine.
Plein Sud, Centre d’exposition en art
actuel à Longueuil a présenté en 2004
les œuvres du corpus Arborescences.
Beauté et paradoxes. Publiée en 2007,
la monographie DARKROOM a été
le premier ouvrage de la collection
Parr /Nazraeli Press et ses recherches
ont fait l’objet d’un dossier dans
le magazine newyorkais Aperture.
La photographie reproduite
en couverture fait partie du programme
Limited-Edition Photographs
de la Fondation Aperture. Ses travaux
sur l’obsolescence de la chambre noire
ont été sélectionnés par Martin Parr
pour l’exposition New Typologies
présentée au New York Photo Festival
à Brooklyn en mai 2008 et ils seront vus
en juillet 2010 dans la programmation
officielle des Rencontres d’Arles.
Maintes fois récipiendaire de bourses
de recherche et de création,
Michel Campeau a reçu la Bourse
Jean-Paul Riopelle octroyée par
le Conseil des arts et des lettres
du Québec en 2009-2010 et il est l’actuel
lauréat du prix du Duc et de la Duchesse
d’York en photographie alloué par
le Conseil des Arts du Canada.
Son travail est le sujet de plusieurs
ouvrages monographiques et articles.
L’artiste est représenté par la Galerie
Simon Blais à Montréal et ses œuvres font
partie des plus importantes collections
muséales et institutionnelles.
Michel Campeau est né en 1948. Il vit
et travaille à Montréal, Québec, Canada.

Plus d’info : site du musée Nicéphore Niépce
