Exposition - Dole (39)

Olivier Blanckart
Musée des Beaux-Arts de Dole

par Florian BOURGEOIS

Le Musée des Beaux-Arts de Dole présente un ensemble d’œuvres représentatives du travail d’Olivier Blanckart : les premiers bricolages et quasi-objets, les portraits photographiques et les sculptures, du début des années quatre-vingt-dix jusqu’aux travaux les plus récents.

Communiqué de presse :

Artiste autodidacte, né à Bruxelles en 1959, Olivier Blanckart occupe dans le paysage de l’art contemporain français une place originale. Il s’est d’abord révélé dans le domaine de la photographie, de la performance, puis dans celui de la sculpture. Au moyen de matériaux d’emballage pauvres détournés (carton, papier kraft, scotch), il conçoit des œuvres singulières, réinterprétant sur un mode tantôt burlesque, tantôt grave, des icônes de la photographie d’art ou de reportage, revendiquant simultanément une filiation pop très affirmée, l’influence d’un certain réalisme hérité du XIXe siècle, et la dimension narrative de la statuaire monumentale. Voici ce qu’en dit Arnaud Labelle- Rojoux : « Ce qui frappe chez Olivier Blanckart, c’est le croisement ou plutôt l’alliance entre ce qui semble une pyrotechnie réactionnelle de tous les instants, et l’ambition d’ancrage de l’œuvre dans ce qu’il faut bien appeler une tradition. L’étrangeté apparente de cette identité double se retrouve de fait dans les raids polémiques virulents (articles et lettres ouvertes) à côté des réalisations plastiques, groupes de sculptures en scotch brun d’emballage « remixant » des clichés d’actualité exemplaires et portraits photographiques détournant d’autres portraits célèbres, métaphores critiques de l’idée de représentation à travers le temps, celle d’un réel éphémère mais aussi manipulable, et des variations de postures comme autant de masques. Il est clair que pour lui l’amnésie culturelle est une maladie à combattre et l’héritage intellectuel un bien plus précieux que n’importe quel autre. Cela n’a rien à voir avec une défense nostalgique du passé ou le retour à certaines de ces valeurs. C’est, au contraire, sa mise en crise permanente, telle qu’elle s’exprime à travers l’art et la pensée. (…) Cette analyse se retrouve naturellement dans ses textes, portés par une verve de polémiste hors pair, quelque sujet qu’il aborde, le plus souvent lié à la place de l’artiste dans le contexte de la scène artistique française : le prix Marcel Duchamp, pour lequel il fut « nominé » en 2005, le rôle assigné au Palais de Tokyo, la politique d’expositions et d’achats du Centre Georges Pompidou…

NASDAQ, 2007 Collection de l’artiste. Courtesy de la Galerie Aeroplastics, Bruxelles © Olivier Blanckart

Peu de demi-mesure dans le ton, crescendo rapide de formules, cascade de qualificatifs vengeurs comme le boxeur enchaîne les coups, l’indignation est sincère. On peut ne pas partager tous ses points de vue. Mais, force est de reconnaître la générosité de son engagement, lequel réside en premier lieu dans cette faculté de prendre la parole pour servir héroïquement une collectivité à laquelle il entend appartenir pleinement sans se soucier des effets secondaires sur sa carrière. Il en résulte un éclairage assez cruel sur la réalité « vraie » de l’art d’aujourd’hui en France (plutôt grise il faut bien le dire !), et sur ses acteurs supposés principaux, les artistes (assurément trop mous !), éclairage qu’il convient de mettre en regard avec son travail plastique dont la source, ne l’oublions pas, est la photographie. Car les « remixes » sont aussi des mises en lumière, parfois grotesques ou parodiques, d’autres fois piteuses, fragiles, approximatives, de réalités prétendument objectivées par la photo, vérité et mensonge simultanés. Olivier Blanckart ne s’inscrit pas, comme je l’ai lu, dans une postérité dadaïste, ou alors très partiellement, car il n’est mû par aucun nihilisme anarchisant, mais au contraire par une forme de réalisme que je serai tenté de qualifier de républicain (Courbet m’entends-tu  ?). Celui qui caractérise ses groupes de sculptures, comme ses portraits (comme du reste ses charges critiques), frappe par son efficacité : rendu retrouvant dans la transposition la force simplificatrice de la sculpture polychrome populaire pour les « remixes », mimétisme quasi parfait mais gauchi par un je-ne-sais-quoi d’étrangeté inquiétante pour les portraits démarqués d’autres portraits célèbres. » (Extrait du texte d’Arnaud Labelle-Rojoux pour le catalogue) L’exposition rassemblera un ensemble représentatif d’œuvres : les premiers bricolages et quasi-objets, les portraits photographiques et les sculptures, du début des années quatre-vingt-dix jusqu’aux œuvres les plus récentes.

Une monographie est publiée aux éditions Analogues et coproduit par le musée des Beaux-Arts de Dole, la fondation Salomon pour l’art contemporain à Alex, le MAMCO de Genève, les Abattoirs de Toulouse, et le Frac Basse-Normandie.

Plus d’info : Site des musées de Franche-Comté

P.-S.

- Exposition du 8 octobre 2011 au 29 janvier 2012, entrée libre
- Vernissage le vendredi 7 octobre à 18h30
- Ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h (20h le mercredi) et le dimanche de 14h à 18h ; fermé le 24, 25, 26, 30, 31 décembre, et le 1er janvier
- Visites commentées gratuites les dimanches suivants à 15h : 16 et 30 octobre, 13 et 27 novembre, 4 et 18 décembre 2011, 15 et 29 janvier 2012
- rencontre avec Olivier Blanckart mercredi 9 novembre à 18h30
- Musée des Beaux-Arts, 85 rue des Arènes, 39100 Dole