Exposition - Chalon-sur-Saône (71)

Photograph[e]s, les collections du Fonds national d’art contemporain

CNAP - FNAC - Musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône

par Siloé PETILLAT

Le FNAC (Fonds national d’art contemporain) gère la collection d’art contemporain de l’État, constituée depuis deux siècles par les achats et commandes effectués auprès d’artistes en activité. La diffusion de ce fonds auprès d’autres institutions fait partie intégrante de ses missions. Dans ce cadre, le musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône accueille du 27 février au 30 mai 2010 un ensemble d’œuvres photographiques du FNAC.

Annelies Strba, Sonja mit Samuel-Maria, 1994. Photographie couleur sous verre, 100,3 x 150,2 cm, Œuvre du Centre national des arts plastiques – Ministère de la Culture et de la Communication, Paris, © Annelies Strba / CNAP

Communiqué de presse :

Dans le cadre d’un partenariat avec le Centre national des arts Plastiques, plusieurs expositions temporaires du musée Nicéphore Niépce présentent une sélection d’œuvres issues du fonds photographique du CNAP. Pour cette première collaboration, le musée Nicéphore Niépce proposera une sélection autour de l’œuvre de femmes photographes contemporaines : Valérie Belin, Elaine Constantine, Sarah Jones, Marylène Negro et Annelies Strba.

Marylène Negro, Eux/Them, N°1, 2001. Photographie couleur Cibachrome satiné contrecollé sur aluminium, 39,7 x 27 cm, Œuvre du Centre national des arts plastiques – Ministère de la Culture et de la Communication, Paris, © Marylène Negro / CNAP

« Des plans rapprochés et impitoyables dressent le tableau sévère d’objets et de gens inanimés. Dans ce qui semble un geste largement partagé depuis peu, les femmes photographes scénarisent par des moyens divers un monde où le mensonger exerce son empire. Par le recours à un modèle descriptif impassible, les sentiments et les états d’âme sont congédiés. Les situations photographiques ne se revendiquent plus du réel : rapport inutile à la démonstration. Cette génération d’artistes ne se sent pas de goût ni pour la topographie et la crudité statistique ni pour l’exaltation romantique. Ce à quoi on assiste désormais ressort d’une photographie débarrassée de toute psychologie simpliste. Les états d’âme des jeunes filles ont disparu, les accidents du couple sont oubliés. Nous ne sommes plus invités, malgré nous, dans des lits défaits, et dans des intérieurs qui n’attendaient qu’un peu de rangement…
Cette intimité, parfois racoleuse, souvent inconvenante, a fait place à des œuvres dont l’étrangeté semble être le dénominateur commun.

Sarah Jones, Camilla I, 1998. Photographie couleur marouflée sur aluminium, 151,5 x 151,3 cm, Œuvre du Centre national des arts plastiques – Ministère de la Culture et de la Communication, Paris, © Sarah Jones / CNAP

Désormais, s’affirmer photographe et femme c’est vouloir s’attacher à aller au-delà des apparences. S’attacher à rechercher l’essence des choses, à piéger leurs reflets, à mesurer leur charge, commande que l’on refuse l’anecdote et l’accessoire.
Nous sommes en présence de multiples entre-deux. Les objets ont l’apparence des vivants et les sujets sont réifiés. Tout cela produit sur nous une tension inaccoutumée. De fait, la photographie accepte le malaise et en joue. Nous voilà piégés ; ces simulacres, objets et personnages, comme pétrifiés, nous contemplent. Distants et ailleurs, représentations désabusées de nous-mêmes, ils déconcertent. Photographies des surfaces et des reflets, leur présence, néfaste, réfléchit les tristes modèles originaux, les postures et les fabrications de cette farce tragique.
Ces portraits qui n’en sont pas, ces objets à la matière incertaine, tels des spectres de la réalité, impassiblement, nous toisent.

Elaine Constantine, Girl with yoyo, 1998. C-print sur papier Kodak professionnel, 40,5 x 50,7 cm, Œuvre du Centre national des arts plastiques – Ministère de la Culture et de la Communication, Paris, © Elaine Constantine / CNAP

La photographie a une dette envers les femmes. C’est à elles que l’on doit dans les années 20 et 30 de s’être emparées de ce nouvel instrument pour en faire un acte d’émancipation. Elles ont su l’inscrire dans le vent de la modernité pour mieux la porter. En immersion dans le monde réel, actives au studio et dans les magazines, pendant une dizaine d’années, leurs images ont accompagné toutes les luttes de libération.
Ces exploratrices de la modernité ont poursuivi dans tous leurs recoins les spécificités de la machine et ont décrit le corps féminin dans tous ses détails.
Ce que l’on nous propose aujourd’hui est dans la veine des actes photographiques de ces femmes libres et indépendantes. »
F. C.

Plus d’info :
- site du musée Nicéphore Niépce
- site du CNAP (Centre national des arts plastiques)


- Exposition du 27 février au 30 mai 2010 ; entrée libre
- Ouvert de 9h30 à 11h45 et de 14h à 17h45 tous les jours sauf le mardi et le lundi de Pâques, 1er mai, 8 mai
- Musée Nicéphore Niépce, 28 Quai des Messageries, 71100 Chalon sur Saône

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