Exposition - Lons-le-Saunier (39)

Raphaël Zarka - Topographie anecdotée du skateboard
Frac Franche-Comté - musées du Jura

par Siloé PETILLAT

Sylvie Zavatta, directrice du Frac Franche-Comté, et Anne Dary, conservatrice en chef des musées du Jura, organisent une exposition monographique de Raphaël Zarka au musée des Beaux-Arts de Lons-le-Saunier à l’occasion de l’acquisition par le Frac d’une vidéo de l’artiste. « Pour un artiste comme Raphaël Zarka, le skate est avant tout une affaire de formes. Formes du repos, formes du mouvement, elles parcourent sourdement l’histoire de l’art et des sciences, de Galilée à Robert Morris. L’architecture urbaine, mais aussi les modules des skateparks, leur font étrangement écho » (extrait de la présentation de l’éditeur de Une journée sans vague, Chronologie lacunaire du skateboard 1779-2009, Raphaël Zarka, B42, 2009).

Communiqué de presse :

Le Frac Franche-Comté présente, au musée des Beaux-Arts de Lons-le-Saunier et en partenariat avec les musées du Jura, une exposition autour de l’œuvre vidéo de Raphaël Zarka, récemment acquise par le Fonds régional d’art contemporain. Cette pièce, réalisée en 2008, a été acquise en 2010 par le Frac Franche-Comté. Elle est présentée en regard d’une série de photographies, également réalisée en 2008, et intitulée Piste du pendu.

Raphaël Zarka – image extraite de Topographie anecdotée du skateboard, 2008. Vidéo, 40'. Collection du Frac Franche-Comté. Photo : Courtesy galerie Michel Rein, Paris

« Topographie anecdotée du skateboard », 40’ (2008) est un film de montage où, à partir d’une quarantaine de documentaires, films et vidéos de skate réalisés entre 1964 et 2006, Raphaël Zarka dresse une typologie des espaces du skateboard en mettant en avant la relation entre les espaces trouvés (ceux que s’approprient les skateurs) et les espaces construits pour cette pratique.

Le film rend sensible le regard des skateurs sur la ville : un ensemble de lignes et matériaux qu’ils utilisent à la manière d’un jeu de construction. Les skateurs assemblent des formes détournées de leur usage pour produire du mouvement.

Raphaël Zarka – image extraite de Topographie anecdotée du skateboard, 2008. Vidéo, 40'. Collection du Frac Franche-Comté. Photo : Courtesy galerie Michel Rein, Paris

La démarche artistique de Raphaël Zarka porte l’empreinte de cette curiosité particulière. Lui aussi cherche, dans le paysage urbain, des formes susceptibles d’être réactivées par le mouvement. Raphaël Zarka, qui pratique le skateboard depuis son enfance, n’a jamais cessé de collecter des notes et des informations sur cette pratique. « Topographie anecdotée du skateboard » fait suite à deux livres que l’artiste a consacré à cette pratique : « Conjonction Interdite » (2003, réédité en 2007) et « Une journée sans vague, chronologie lacunaire du skateboard » (2006, réédité en 2009).

Raphaël Zarka est né à Montpellier en 1977. Il vit et travaille à Paris. En 2010, il est pensionnaire de la Villa Médicis, Académie de France à Rome. Depuis 2009, plusieurs expositions personnelles lui ont été consacrées (Palais de Tokyo à Paris, Frac Alsace à Sélestat, Galerie du Centre Culturel Français de Milan, Museum of Modern Art d’Oxford, etc.). Formé à l’École Nationale des Beaux Arts de Paris et à la Winchester School of Art, il a remporté en 2008, le prix Paul Ricard. Il est représenté par la galerie Michel Rein à Paris.

Raphaël Zarka – image extraite de Topographie anecdotée du skateboard, 2008. Vidéo, 40'. Collection du Frac Franche-Comté. Photo : Courtesy galerie Michel Rein, Paris

« Topographie Anecdotée du Skateboard » a été acquise en 2010 par le Frac Franche-Comté. Cette œuvre rejoint le « Pentacycle » (2002), autre pièce de Raphaël Zarka réalisée en duo avec Vincent Lamouroux, qui appartient également à la collection. Le Pentacycle est un véhicule-objet qui permet de voyager sur un rail laissé à l’abandon dans la Beauce. Ce dernier était utilisé dans les années 70 pour réaliser des essais d’aérotrain. Le projet dans son ensemble comprend également un texte et une vidéo.

Le Frac Franche-Comté

Le Frac Franche-Comté constitue et gère une collection publique d’art contemporain qui est l’unique ensemble significatif en ce domaine dans la région Franche-Comté. A ce jour, elle comprend 486 œuvres qui relèvent de domaines variés (peinture, photographie, sculpture, installation, œuvre graphique, œuvre textile, œuvre audiovisuelle, etc.) et concerne 265 artistes de diverses nationalités. Cette collection s’enrichit chaque année de nouvelles acquisitions.
Depuis 2006, le Frac Franche-Comté s’attache à constituer des ensembles monographiques et privilégie les œuvres interrogeant la question du temps. Cette dernière, outre son ancrage dans l’histoire de la région, est au cœur des recherches de nombreux artistes contemporains.
Ligne directrice depuis 4 ans, la question du temps demeure centrale pour les futures acquisitions mais se concentre désormais sur l’expérience de la durée :
- œuvres relevant de works in progress, œuvres en mouvement, à réactiver ou réactivant d’autres œuvres
- œuvres interrogeant le son sous toutes ses formes, celui-ci n’ayant d’existence que dans le temps.
Le Fonds régional d’art contemporain (Frac) de Franche-Comté est l’un des 24 Fonds régionaux d’art contemporain créés, en 1982, dans le cadre de la politique de décentralisation mise en place par l’État. Les Frac permettent d’assurer la présence et le développement de l’art contemporain dans chaque région de France.
Au-delà de la constitution d’un patrimoine régional, le Frac Franche-Comté produit des événements artistiques, conçoit des expositions, organise des rencontres… Le Frac Franche-Comté a organisé 164 expositions depuis 1985, dont 146 en Région (89%), 5 en France (3%), 13 à l’étranger (8%). Entre 2006 et 2009, ces événements ont attiré 112 985 visiteurs dont 36 625 personnes pour la seule année 2009.

Raphaël Zarka – image extraite de Topographie anecdotée du skateboard, 2008. Vidéo, 40'. Collection du Frac Franche-Comté. Photo : Courtesy galerie Michel Rein, Paris

Les musées du Jura

La conservation départementale des Beaux-Arts du Jura coordonne l’organisation, l’animation et le développement de six musées (Dole, Lons-le-Saunier, Saint-Claude, Arbois, Salins-les-Bains, Morez). Son activité repose sur deux missions essentielles : un travail scientifique sur les collections accompagné d’une politique de restaurations et d’acquisitions ; une programmation d’expositions temporaires, souvent en lien avec les collections, portant autant sur l’art ancien que l’art contemporain, accompagnée d’un programme d’animations.

Le musée des Beaux-Arts de Lons-le-Saunier

Fondé en 1817 par la Société d’Émulation du Jura, il est constitué en grande partie de dons successifs. Il fut d’abord installé dans une salle de la Préfecture puis transféré à l’Hôtel de Ville en 1851. Il est divisé en deux sections :
Au rez-de-chaussée, la collection de sculptures est riche d’œuvres du XVIIIe classique mais c’est le XIXe siècle qui prédomine avec Antoine Etex, Max Claudet, Rupert Carabin, Antoine Barye, et surtout Jean-Joseph Perraud artiste d’origine jurassienne (Monay, 1819 – Paris, 1876) qui légua au musée le fonds de son atelier.
Au premier étage la collection de peintures est composée de nombreuses œuvres des écoles nordique (Le Massacre de Innocents et Le Dénombrement de Bethléem de Pieter Brueghel le Jeune (1564-1637/38), italienne (Rosemonde forcée de boire dans le crâne de son père de Pietro della Vecchia (1605-1678), Hero et Leandre d’Antonio Triva (1626-1699), et française avec cinq tableaux de Gustave Courbet dont Le chasseur allemand et Le château de Chillon mais aussi des œuvres de Pierre le Mettais, François Vincent, Horace Vernet et Auguste Pointelin. Une petite salle au premier étage est consacrée aux expositions temporaires.

Plus d’info : site du Frac Franche-Comté

P.-S.

- Exposition 18 février au 12 juin 2011
- Tarif : 2 euros
- Ouvert du mardi au vendredi de 14h à 17h, les week-ends et jours fériés de 14h à 18h ; fermé le 1er mai
- Musée des Beaux-Arts, place Philibert de Chalon 39000 Lons-le-Saunier