Rencontre

Rencontre avec Christian Boltanski autour de "Portrait des élèves du CES des Lentillères en 1973"
Classe de 3ème A du collège Les Lentillères de Dijon - professeurs du collège Les Lentillères de Dijon - rectorat de Dijon - DRAC Bourgogne-Franche-Comté - Fanny Durand - Mathilde Rachet

par Siloé PETILLAT

Quarante-cinq ans après la création de son œuvre "Portrait des élèves du C.E.S des Lentillères en 1973", 1% artistique et culturel du collège Les Lentillères de Dijon, Christian Boltanski revient sur cette oeuvre à l’occasion d’une rencontre publique organisée par une classe de troisième dans le cadre d’un projet "Patrimoines en Bourgogne" (porté par la DRAC Bourgogne-Franche-Comté et l’académie de Dijon). Né en 1944 à Paris, Christian Boltanski a notamment représenté la France à la Biennale de Venise en 2011.

Communiqué de presse :

45 ANS APRÈS, CHRISTIAN BOLTANSKI REVIENT AU COLLÈGE LES LENTILLÈRES POUR RÉACTUALISER SON ŒUVRE

« En 1973, l’artiste installe au collège Les Lentillères son œuvre Portrait des élèves du CES, qui présente les premiers élèves de l’établissement. Il revient le 5 avril 2018 pour la réactualiser. Pour préparer cet événement, la classe de troisième A a été chargée d’organiser sa venue. Christian Boltanski s’entretiendra tout d’abord avec les élèves puis à 17h30 il dévoilera son projet lors d’une rencontre avec le public. Nous vous attendons nombreux pour vivre cette incroyable expérience !

QUI EST CHRISTIAN BOLTANSKI ?

Christian Boltanski est un artiste français né le 6 septembre 1944 à Paris pendant la seconde guerre mondiale. Sa famille est victime de la Shoah. Il est photographe, sculpteur et cinéaste. Il est avant tout connu pour ses installations. Il se définit lui-même comme un peintre. Il a commencé à peindre à l’age de 14 ans. En 1968, âgé de 24 ans, il réalise sa première exposition à Paris. L’art de Christian Boltanski aborde les notions de mémoire, d’oubli et de mort. Il a acquis depuis 1980 une reconnaissance internationale et une notoriété publique bien au-delà des frontières habituelles de la scène artistique, en particulier en Allemagne, aux États-Unis et au Japon. Lauréat de plusieurs prix internationaux, l’artiste, dont les oeuvres figurent parmi les plus grandes collections du monde, vit et travaille à Malakoff.

Christian Boltanski, Portrait des élèves du CES des Lentillères en 1973, photos sur papier, cadres en métal, bois et plexiglas 2,94 x 20,10 m, 1973, Dijon

SON ŒUVRE

La photographie est utilisée dans la majorité des oeuvres de Boltanski, En effet, elle est la preuve de l’existence d’une personne et des événements marquants de sa vie. Boltanski questionne sans cesse la frontière entre absence et présence dans son œuvre. La vidéo comme la photo sont des présences, des mémoires qui, selon lui, au lieu de faire revivre les absents vont au contraire mettre davantage en évidence leur disparition. Employant divers matériaux (photographies anciennes, objets trouvés, carton ondulé, pâte à modeler, luminaires, bougies…), Boltanski cherche l’émotion à travers toutes les expressions artistiques qu’il utilise : photos, cinéma, vidéo. Les thèmes omniprésents dans son oeuvre sont la mémoire, l’inconscient, l’enfance et la mort, notamment en référence à la Shoah qu’il a subie indirectement. La disparition et l’accumulation sont aussi des thèmes qu’il aime aborder, il a d’ailleurs affirmé : « La présence de l’humanité dans sa multitude est toujours là dans mon travail. Ce grand nombre est parfois évoqué par des tonnes de vêtements usés, des centaines de photographies ou par des milliers d’objets perdus ou encore par de longues listes de noms. Le nombre, le côté presque interchangeable de l’être humain et en même temps son unicité, son caractère propre, sont une des oppositions sur lesquelles je travaille. »

Christian Boltanski, Portrait des élèves du CES des Lentillères en 1973, photos sur papier, cadres en métal, bois et plexiglas 2,94 x 20,10 m, 1973, Dijon

Une des particularités de l’artiste est sa capacité à reconstituer des instants de vie avec des objets qui ne lui ont jamais appartenu mais qu’il expose pourtant comme tels. Il imagine une vie, se l’approprie et tous les objets de ces dossiers, livres, collections sont les dépositaires de souvenirs. Ils ont un pouvoir émotionnel fort, car ils font appel à la « petite-mémoire », c’est-à-dire à la mémoire affective. […] Ses œuvres en appellent au souvenir, du souvenir d’enfance, au souvenir des défunts, et d’une histoire personnelle à l’histoire commune de toutes et de tous. En 1972, Boltanski intitule une section de son exposition « mythologie individuelle », un concept représentatif de son rapport à l’autobiographie.

Depuis plusieurs années, il favorise principalement dans son travail d’énormes installations telles que Personnes à la Monumenta du Grand-Palais, No Man’s Land à l’Armory de New-York ou encore Chance au pavillon français de la Biennale de Venise en 2011. En dehors de ces projets éphémères, il installe des œuvres permanentes qui s’augmentent constamment telles que Les archives des cœurs dans l’île de Teshima au Japon ou Les dernières années de CB sur l’île de Tasmanie en Australie. Certaines de ses œuvres ont pour but de créer une charge émotionnelle qui vise à déstabiliser le spectateur. […]

Christian Boltanski, Portrait des élèves du CES des Lentillères en 1973, photos sur papier, cadres en métal, bois et plexiglas 2,94 x 20,10 m, 1973, Dijon

PORTRAIT DES ÉLÈVES DU CES DES LENTILLÈRES EN 1973

Le portrait des élèves du CES des Lentillères en 1973, aussi appelé les Enfants de Dijon, est une installation murale réalisée dans le hall de l’établissement par Christian Boltanski en 1974 dans le cadre du projet 1%. L’accrochage des photos fut réalisé en juin 1974 par Christian Boltanski et Serge Lemoine (avant même que l’agrément de l’artiste, donné le 23 juillet 1974, soit prononcé par le préfet). Les photos devaient être placées dans des cadres en métal et en bois sous du plexiglas. L’inauguration de l’œuvre eut lieu à la fin du mois d’octobre 1974, elle attira de grandes personnalités comme le Maire de Dijon et le Ministre de la Culture. Cette œuvre a été réalisée à l’aide de photographies données par les élèves, il eut au total 340 portraits. L’artiste s’est orienté sur la mémoire, l’enfance et l’oubli pour cette œuvre qui montre comment étaient les élèves en 1973, leurs goûts, leurs préoccupations, leurs environnements et leurs souvenirs. Les photos occupent entièrement le mur. Pour l’artiste « l’enfance est la partie première morte en nous » c’est pourquoi dans son œuvre, l’enfance et la mort sont liées. Les photos servent en quelque sorte à signaler ,dès l’entrée de l’établissement, son contenu.
Vingt ans après la création de cette œuvre, Christian Boltanski revient la voir, il la découvre dans un état de vieillissement avancé. Tout comme les photographies, les élèves ont vieilli ce qui marque, pour l’artiste peut-être, la fin de l’œuvre. »

Les élèves de troisième A du collège Les Lentillères

Plus d’info : article consacré à l’évènement sur le site Arts & Culture de l’Académie de Dijon

P.-S.

- Rencontre avec Christian Boltanski le jeudi 5 avril 2018 de 17h30 à 19h
- Entrée libre sur réservation : 03 80 68 81 81 ou projetpatrimoinelentilleres@gmail.com
- Hall du collège Les Lentillères, 18 boulevard Robert Schuman 21000 Dijon (bus Divia Corol arrêt Collège Lentillères ou L6 arrêt Chancenotte)