Exposition - Besançon (25)

Surprise, Surprise
Galerie Jean Greset

par Siloé PETILLAT

L’exposition d’été de la galerie Jean Greset regroupe 28 artistes.

Communiqué de presse :

Après « She’s a Rainbow » et avant « Paint it Black », nous avons le plaisir de vous proposer l’exposition de l’été « Surprise, Surprise ». Ces titres font référence à trois chansons du groupe Les Rolling Stones (50 ans de carrière).

Nous avons réuni 28 artistes de réputation nationale et/ou internationale, qui vous proposent pour cette exposition des œuvres sur le thème de la couleur :

Bernard Aubertin, Jean-Luc Bari, Jean Brault, Nicolas Chardon, Jérôme Conscience, Alberto Cont, Didier Demozay, Philippe Desloubières, Jean-François Dubreuil, Michel Duport, Alan Ebnother, Olivier Filippi, Julian Gil, Hans Glattfelder, Didier Marcel, François Morellet, Charles Henri Montvert, John Nixon, Antoine Perrot, Sigurd Rompza, Christian Roth, Bruno Rousselot, Robert Schad, Harald Schmitz-Schmelzer, Hugo Schüwer-Boss, Michel Seuphor, Gérald Thupinier, Claude Viallat.

Hugo SCHUWER BOSS, Curtains (rouge et or), 2012

Surprise, Surprise n’est pas une exposition manifeste, mais notre choix et le plaisir de montrer à un vaste public la création contemporaine !

AUBERTIN Bernard
Né en 1934 en France. Il vit et travaille aujourd’hui à Reutlingen en Allemagne.
Il est considéré comme un des acteurs du renouveau historique de la peinture (et du tableau) en Europe autour des années 50-60. Il fait notamment la rencontre d’Yves Klein dès 1960, qui le met en contact avec les membres du groupe « Zéro ». Ce groupe prône une dématérialisation de l’œuvre d’art par la recherche de sensations liées au dynamisme du matériau et à la lumière. La démarche artistique de Bernard Aubertin se veut avant tout expérimentale voire laborieuse. L’artiste nous présente ainsi des monochromes auxquels il associe divers matériaux (bois, papiers, clous, allumettes…), encore peu exploités dans le domaine de l’art, et joue avec les orientations et les transformations chimiques (telle la combustion). Ses œuvres font parties des plus grandes collections privées et publiques européennes.

Jean-Luc BARI, Le Gonflant, 2012

BARI Jean-Luc
Né en 1964 à Montbéliard. Il vit et travaille aujourd’hui à Besançon. Professeur à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon.
Son œuvre s’inspire d’objets tirés du quotidien et s’interroge sur la notion de l’espace. Ses réalisations peuvent faire penser tantôt à l’architecture, à la sculpture ou encore au design. Jean-Luc Bari a réalisé une série intitulée « Par-dessus », dans laquelle il procède à des recouvrements : l’artiste dépose des feuilles colorées de plastique modelant ainsi les objets enveloppés. Par-là, il détourne avec ironie le travail du drapé référencé dans l’histoire de l’art.

BRAULT Jean
Né en 1963 à Savigny-sur-Orge. Il vit et travaille actuellement à Paris.
Ce peintre autodidacte expose au mur une part de force, d’infinité et de puissante spiritualité, à caractère non religieux cependant. Il construit par la couleur, des formes à la composition carrée et rectangulaire d’une grande précision. Se fiant tout d’abord au hasard, il se lance dans l’élaboration d’une ébauche, faite de superpositions, d’assemblages de morceaux de papiers découpés. Puis ces constructions géométriques forment alors de grands aplats sans modulation, dont les couleurs lumineuses frôlent la blancheur. Face à ses tableaux, le spectateur plonge alors dans une harmonie sereine faite de légèreté du tracé et de couleurs.

Nicolas CHARDON, Rouge-Jaune-bleu, 2010

CHARDON Nicolas
Né en 1974 à Clamart. Ancien pensionnaire de la Villa Médicis, il vit et travaille à Paris.
L’élaboration de son œuvre se caractérise par une méthode rigoureuse. En effet, l’artiste utilise la plupart du temps la toile vichy. Tout d’abord, il tend celle-ci, obtenant une déformation des petits carrés la composant. Par la suite, il appose la couche picturale. En référence aux grands fondateurs de l’abstraction géométrique (Malevitch), Nicolas Chardon reprend et réinterprète, avec humour et respect, les œuvres phares de ces derniers. Ainsi, leur géométrie se voit modifier, perturber. L’artiste nous questionne alors sur le rôle du motif et de la figure, surtout lorsque ceux-ci sont imprégnés dans nos souvenirs culturels.

CONSCIENCE Jérôme
Né en 1976 à Besançon, il vit et travaille dans cette même ville. Il est à la fois photographe, peintre et vidéaste.
Il est connu pour remuer et manipuler les mots comme personne. La langue est son premier matériau. L’artiste la ramène à l’état de chose, de matière. Ainsi il pétrie et façonne des phrases courtes, résonant de la même manière que des slogans. La pensée compose une place importante de sa peinture. Ses toiles blanches libèrent une étonnante poésie, au contenu pas nécessairement compréhensible, mais toujours teinté d’une incroyable pureté.

CONT Alberto
Né en 1956 en Italie. Diplômé de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Paris, il vit et travaille aujourd’hui dans cette même ville.
A la fois peintre et sculpteur, son œuvre se distingue par une extase de la couleur et une fascination pour les formes géométriques, les plus souvent circulaires. Une certaine poésie et mysticité se dégage de ses peintures, à la chromatique vive, éclatante et aux traits délicats. De plus, les œuvres proposées lors de l’exposition ajoutent un tout autre élément technique adopté récemment par l’artiste, celui de la transparence.

DEMOZAY Didier
Né en 1950. L’artiste vit et travaille à Draguignan.
Ses grandes toiles vierges sont reconnaissables par la juxtaposition et la confrontation de différentes couches de couleurs. On retrouve dans ses tableaux l’importance du geste et des sensations héritées des artistes de l’abstraction américaine. Le mouvement donné à la matière picturale par Didier Demozay, forme des surfaces anguleuses ou rectangulaires, mêlant ainsi morcellement et unité de l’espace. La simplicité des blocs de couleur rend la matière suffisante à elle-même, et agit comme une purge du tableau.

DESLOUBIERES Philippe
Né en 1950 à Paris. Il vit et travaille en Picardie.
Il accomplit des sculptures dont le seul matériau est l’acier. L’artiste associe à cette matière froide, une couleur laquée franche. De plus s’ajoute à ce paradoxe de l’utilisation de la tôle, la forme du dessin. En effet pour certains, son style fait allusion à une sculpture plutôt féministe. Philippe Desloubières donne à ses sculptures, des figures à l’aspect organique, végétal voire animal. Ses œuvres souvent destinées à être exposées à l’extérieur, émergent dans le paysage tel des pousses en plein développement.

DUBREUIL Jean-François
Né en 1946 à Tours. L’artiste vit et travaille aujourd’hui à Paris.
Il cherche à produire des abstractions à partir de la presse écrite. Sa démarche artistique suit un code très précis, que seul le hasard détermine. En effet, sa couche picturale est soigneusement apposée et délimitée par rapport à la mise en page des documents. L’artiste obtient ainsi une grille dont les différentes zones sont colorées par rapport à leur fonction : le rouge pour la publicité, le noir pour les photos … Ses tableaux finissent par dégager une harmonie de couleurs vives et saturées.

DUPORT Michel
Né en 1943 à Paris. Il vit et travaille dans cette même ville.
L’artiste explore et expérimente la question du volume en peinture. En effet, ses réalisations ne peuvent être assimilées à de la sculpture. Tout son travail vise à expérimenter les volumes de la peinture, notamment en multipliant les zones visibles de celle-ci. Ainsi Michel Duport réalise des « tableaux-volumes » aux formes libres, où se jouent diverses superpositions, couleurs et teintes. La peinture apparait alors comme simple matière à profondeur, dont les limites sont indéfinissables.

EBNOTHER Alan
Né en 1952 en Californie. Il vit et travaille au Nouveau-Mexique (EUA) et en Allemagne.
Cet ancien danseur est connu depuis plus d’une dizaine d’années, pour son traitement intense de la couleur verte (suivant différentes nuances). Mais ce n’est que récemment, que l’artiste porte son attention envers d’autres couleurs, notamment l’orange et le bleu. Le choix de ses couleurs n’est pas anodin, il doit nous faire davantage penser aux couleurs des paysages environnants en Californie. L’artiste peint sur des châssis des monochromes, dont la teinte et le mouvement du pinceau en font les principales caractéristiques. L’épaisse matière picturale est vive, rythmée rappelant les sensations encore présentes du danseur d’autrefois.

FILIPPI Olivier
Né en 1969 à Paris. Il vit et travaille à Paris et à Montreuil.
Ses peintures apparaissent comme semblables à l’imagerie numérique (figure technologique, logos publicitaires). En effet, l’artiste emprunte à cette dernière, son graphisme et ses trajectoires dynamiques. De plus, il maitrise à la perfection, l’usage des couleurs, jouant ainsi d’effets illusionnistes qui approfondissent l’incertitude d’être face à un tableau. La géométrie des formes est nette, clairement délimitée. Elle offre aux tableaux une dimension temporelle sans équivoque, où stabilité et vitesse de l’image se confondent.

GIL Julian
Né en 1939 en Espagne. Il y vit et travaille à Madrid. Professeur d’art à la faculté de Madrid.
Sa capacité intuitive à extraire de nouvelles combinaisons de diagrammes géométriques est fascinante. Ses propositions plastiques se caractérisent par une division du plan, toujours en carrés et en rectangles de diverses proportions géométriques. L’artiste, un adepte de la géométrie, définit alors un périmètre pour chacune des figures, dont l’unique couleur fait office de forme. Ses aplats de couleurs imposent une composition tantôt dynamique et statique. Le dialogue entre le pouvoir des formes et l’harmonie colorée, nous invite à plonger dans une pureté visuelle originale.

GLATTFELDER Hans
Né à Zurich en 1939. Il vit et travaille aujourd’hui à Paris.
Dans les années 60, il s’établit en Italie où il fréquente l’Académie des Beaux-Arts de Rome. L’architecture de la Renaissance italienne développe chez lui, une exécution picturale propre. En effet, l’artiste propose des peintures conjuguant sciences et art. L’artiste est aussi un auteur constructiviste. Hans Glattfelder a théorisé comme base de sa démarche artistique, la géométrie « non-euclidienne ». Ses tableaux et reliefs donnent à réfléchir sur la perception de l’espace et les représentations spatiales contemporaines. Ses œuvres sont présentes dans de nombreuses collections prestigieuses d’Europe.

MARCEL Didier
Né en 1961. Il vit et travaille aujourd’hui à Dijon. Professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Dijon.
Ses sculptures et installations aux matériaux naturels interrogent notre vision du paysage et sa représentation sculpturale. En effet, l’artiste incite le spectateur à contempler et à s’insérer dans une nature détournée. Le paysage se veut fragmentaire, condensé, enclenchant ainsi une simple idée de paysage. La mise en scène de ses œuvres joue un rôle considérable, surtout que celle-ci interpelle le spectateur sur les limites même de la sculpture.

MORELLET François
Né en 1926 à Cholet, il vit et travaille dans cette même ville.
Cet artiste autodidacte fait la rencontre de Victor Vasarely, en 1958. Ensemble en 1960, ils cofondent le Groupe de Recherche d’Art Visuel (GRAV, dissout en 1968). Ce groupe a pour but de remettre en cause les relations entre l’art, l’artiste et la société. Relativement proche de de l’art cinétique, ce collectif cherche à rendre accessible leurs œuvres aux spectateurs. Pour cela, François Morellet tente d’exclure toutes traces de l’artiste. Ainsi, il use de multiples supports contemporains comme matériaux (toiles, néon, métal, adhésifs,…). De plus, le hasard prend une place importante dans son œuvre tout comme la juxtaposition, la superposition, l’interaction et la fragmentation. Il considère davantage la toile comme un champ d’expérience graphique plutôt que d’expression personnelle. Son œuvre est représentée par des galeries reconnues internationalement, et collectionnée principalement par les institutions françaises et allemandes.

MONTVERT Charles-Henri
Né en 1948 en France. Il vit et travaille à Paris.
Il est l’élève de l’artiste de l’abstraction polonaise Konnov Kosmalski. Sa peinture s’établit uniquement dans des formats carrés. Il fait usage exclusivement de formes simples, géométriques. Ces dernières sont remplies de couleurs monochromes. La peinture s’étend ainsi sur deux dimensions dans le plan de la toile, mais aussi en épaisseur par les enfouissements et superpositions des formes. Le style de l’artiste exclu toutes traces sentimentales.

NIXON John
Né en 1949 et vit en Australie.
Ce peintre australien propose, sur de modestes supports, l’insertion de motifs et signes modernistes. Il compose un assemblage de formes géométriques simples dont chaque pièce est rehaussée d’une couleur vive, pure. En particulier la couleur orange (nommée Experimental Painting Worshop : O), qu’il aime expérimenter pour sa luminosité et son positivisme. Certaines de ses compositions imposent par effet d’optique, des profondeurs, différents plans et volumes. La couleur se suffit à elle-même pour la perception de multiples dimensions spatiales. L’œuvre de John Nixon nous offre ainsi une relecture de la modernité. Les œuvres de John Nixon sont présentes dans de nombreuses collections européennes et en particulier à Reutlingen (Allemagne) au sein de la fondation, Stiftung für konkrete Kunst.

Antoine PERROT, Encore une peinture ?, 2011

PERROT Antoine
Né en 1963 à Toulon. Il vit et travaille à Paris. Professeur à l’Université Panthéon-Sorbonne en « Arts plastiques et Sciences de l’art ».
Avec la même démarche que Duchamp, l’artiste prélève des objets industriels et manufacturés, achetés directement en grandes surfaces, les isole et les présente comme une œuvre d’art. Il associe à ces matériaux, dont la particularité est de n’avoir été que rarement utilisés dans les réalisations plastiques (éponges de ménage, rubans adhésifs, gommettes, cordages…), un caractère violemment polychrome. Son œuvre s’installe aux frontières de la sculpture et des objets spécifiques. L’espace libre dont disposent les matériaux fait office de formes, où Antoine Perrot établit ses couleurs bariolées, fraîches, acides voire criardes. Il joue sur le processus d’accumulation et de répétition, rehaussant ainsi les surfaces appartenant au monde industriel. Par l’application d’une ou plusieurs couleurs sur une surface, son travail s’apparente davantage à la peinture.

ROMPZA Sigurd
Né en 1945. Il vit et travaille en Allemagne. Professeur à l’École supérieure des Beaux-Arts de Sarre (Allemagne).
Depuis les années 70, l’artiste écrit en parallèle des textes théoriques sur l’art concret et les principes de conception. Il crée des objets muraux, équivalent à des reliefs plats. Ces derniers sont colorés d’acrylique et de vernis. Leur relief linéaire conforté par l’utilisation d’une couleur, incite l’œil à suivre le mouvement. La visualisation de ses réalisations n’a rien d’immobile, mais elle entraine une participation naturelle du spectateur dans cet élan pictural. Ses objets exposent le rôle des relations entre lumières, couleurs et formes dans la naissance d’un volume.

ROTH Christian
Né en 1962, il vit et travaille en Haute-Saône.
Cet ancien diplômé de l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon a développé une création avant tout picturale. En effet, ses reliefs polychromes ne peuvent être assimilés à de la sculpture. Christian Roth se déclare comme un successeur des démarches plastiques, découlant de l’expressionnisme abstrait américain et de l’abstraction gestuelle française. L’artiste donne relief à des gestes colorés. A grands coups de brosse, il dépose la peinture fraîche puis donne volume à sa toile cartonnée. Ainsi, il fige dans ses tableaux, son improvisation picturale manifeste dans des coulées de couleurs et des empreintes de sa gestuelle.

ROUSSELOT Bruno
Né en 1957 à Besançon. Il vit et travaille à Chatillon-sur-Loire. Professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Dijon.
En 1987, il part à New York et y séjourne pendant dix ans. Là-bas, il fait la rencontre de l’artiste minimaliste et conceptuel, Sol LeWitt. Bien entendu, les œuvres de Bruno Rousselot se voient fortement influencer par ce dernier. Il dépose au rouleau la couleur dans un monochrome initial, recouvert par endroit d’une seconde couche dont la forme aura été préalablement délimitée par du ruban adhésif. Ainsi les lignes réunissant deux formes rendent à peine visible, un léger tremblé. Les compositions géométriques se contractent, s’étendent, se transforment. Elles mettent en évidence les relations subtiles entre couleurs et lumières et suggèrent par-là, des mouvements circulaires et fuyants. Ainsi, l’artiste tente de comprendre comment fonctionne la perception d’un tableau et où intervient le rôle dominant de la surface colorée.

SCHAD Robert
Né en 1953 en Allemagne. Il vit et travaille aujourd’hui en France, à Larians (Haute-Saône).
Il est considéré comme l’un des sculpteurs les plus prometteurs de sa génération. Son utilisation exclusive de l’acier, sous forme de barres carrées de différentes dimensions caractérise en partie sa sculpture. Tel un peintre, il libère la matière d’un geste dans l’espace. Il fusionne l’acier et la danse. En effet, la ligne donnée à ses sculptures apparait rythmée, saccadée. L’étrange légèreté dégagée de ses œuvres, les assimilent davantage à une construction esquissée plutôt que sculptée. Elles jouent sur une immobilité du matériau, qui pourtant nous donne une idée de mouvement.

SCHMITZ-SCHMELZER Harald
Né en 1953. Il vit et travaille en Allemagne.
Il crée des tableaux-objets de forme rectangulaire ou circulaire. Sa démarche plastique originale nécessite une certaine technicité. L’artiste procède aux coulages de couleurs monochromes, de manière successive sur une planche de bois. Ces coulées peuvent être parallèles ou perpendiculaires au support. Harald Schmitz-Schmelzer parvient ainsi à solidifier la couleur et à l’emprisonner dans une finition laquée. On obtient ainsi une stratification de couleurs empilées en trois dimensions, conciliant sa peinture à de la sculpture. Cette inondation de bandes horizontales impose au spectateur un retour à l’essentiel.

SCHUWER BOSS Hugo
Né en 1981, à Poitiers. Il vit et travaille à Besançon. Professeur à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon.
Sa peinture d’illusion, semblable à l’imagerie technologique, simule par sa composition minimale et une palette réduite, de faux reliefs. Il dégage de grandes surfaces aux formes pures, austères et récurrentes. Ses réalisations viennent à capter le regard du spectateur et se laisse librement interpréter par lui. D’autant que l’artiste, fait volontairement appel à des codes et compositions issues de l’histoire de l’art et du décor quotidien. Ainsi toujours dans un degré assez faible de l’icône (ordre du simple signe, du schéma ou encore du pictogramme), il nous interroge sur leur confrontation au réel.

SEUPHOR Michel
Né en 1901 en Belgique et décédé en 1999 à Paris.
Avant tout connu pour ses écrits et théories de l’art abstrait, Michel Seuphor côtoie des artistes de son temps : Tristan Tzara, Jean Arp et Sophie Taeuber-Arp, Robert et Sonia Delaunay, Blaises Cendrars mais surtout Mondrian, dont il subit l’influence comme peintre. En 1929, il fonde à Paris le groupe « Cercle et Carré », réunissant les artistes qui se revendiquaient du néoplasticisme prôné par Mondrian. En parallèle, il écrit de nombreux ouvrages devenus des références de la littérature artistique, dont : « L’Art abstrait, ses origines, ses premiers maîtres » (1949) et la première monographie sur l’artiste Mondrian « Piet Mondrian, sa vie, son œuvre » (1956). Michel Seuphor sera d’ailleurs désigné comme légateur testamentaire de l’artiste.
Ainsi vers les années 40, il commence peu à peu, à dessiner. En 1951, il développe une technique originale, ne travaillant que sur le trait avec de l’encre de Chine sur papier, appelée « dessins à lacunes ». Il n’use que de lignes continues refusant totalement le modelé. C’est donc le manque, l’absence de trait qui fait le dessin. Il suggère par-là des effets de profondeur, de mouvement et de clair-obscur. Les formes variées qu’il déploie, traduisent son univers poétique.

THUPINIER Gérald
Né en 1950. Il vit et travaille à Nice. Professeur d’anthropologie culturelle à la faculté de Nice.
Ses peintures mêlent à la fois l’art figuratif et l’art abstrait. Il peint la surface de ses toiles avec acharnement. La matière picturale laisse transparaitre un engagement physique du geste, à travers de multiples coulures et empâtements. Sur la surface colorée non monochrome perce des formes dépouillées. Une narration quasi dramatique se dégage de ses tableaux, amplifiée par la présence d’écritures légèrement brouillées. Le tableau devient alors un espace de choc et de contradiction. Actuellement, il développe son travail sur le thème de la feuille de figuier et sera présenter lors de la prochaine exposition « Un été pour Matisse » à Nice, pour célébrer les 50 ans de l’artiste (du 21 juin au 23 septembre 2013, Musée Matisse).

VIALLAT Claude
Né à Nîmes en 1936, où il vit et travaille.
Il est connu dès les années 60, pour être le membre fondateur du groupe « Supports/Surfaces ». Ce collectif prône un art de la répétition d’une forme simple, semblable à un logo, et remet en cause le support traditionnel. Ainsi dès 1966, Claude Viallat fixe ce qui deviendra son marqueur d’identité : une forme quelconque, neutre, ni naturelle, ni géométrique. Cette dernière est reproduite inlassablement à l’aide d’un pochoir sur le support, telle une empreinte. D’un mouvement spiralé, il peint ses œuvres de couleurs saturées et somptueuses, faisant de lui un des plus grands coloristes de l’histoire de la peinture occidentale. Les supports conventionnels de la peinture sont délaissés au profit de matériaux de récupération (tissus divers, parasols, cordes…). Son œuvre se base sur un principe unique, qui pourtant subit une métamorphose perpétuelle. Encore aujourd’hui, l’artiste poursuit ses recherches plastiques exploratrices. Il est désormais exposé dans les galeries les plus prestigieuses du monde, et collectionné tant en France qu’à l’étranger.

Plus d’info : site de la galerie Jean Greset

P.-S.

- Exposition du 13 juin au 30 juillet 2013 ; entrée libre
- Vernissage le jeudi 13 juin 2013 à partir de 16h
- Ouvert du mardi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 19h, ou sur rendez-vous
- Galerie Jean Greset, 7 rue Rivotte 25000 Besançon