Exposition

Thomas Monin - Ocelles et Paréidolies

Galerie Barnoud

par Florian BOURGEOIS

L’artiste nivernais Thomas Monin poursuit à la Galerie Barnoud (Entrepôt 9) sa quête d’un "art animal".

Communiqué de presse :

À l’occasion de la nouvelle exposition personnelle que lui consacre la galerie Barnoud, Thomas Monin (né en 1973, vit et travaille en Bourgogne) poursuit son exploration des relations entre l’Homme et la nature. Attentif à l’ensemble du monde vivant, il a intitulé l’exposition « Ocelles & paréidolies » en référence aux taches ressemblant à des yeux qui figurent sur le plumage de certains oiseaux, par exemple, et au terme qu’utilisent les psychologues pour évoquer notre tendance à associer une forme abstraite à un élément identifiable, comme lorsqu’on croit reconnaître un visage sur un tronc d’arbre. Ces deux phénomènes liés aux illusions d’optiques sont en effet révélateurs du point de vue anthropocentrique que nous adoptons le plus souvent pour considérer notre environnement naturel, et Thomas Monin, à travers dessins, sculptures, installations et maquettes de projets artistiques, veut inventer « un art animal, qui estomperait les frontières entre l’animal et nous ». Prônant une « union étroite » avec le lieu et le contexte dans lesquels il travaille, l’artiste tente toujours de « prendre en compte les liens sous-jacents entre biologie et culture », offrant une relecture personnelle du travail artistique In Situ.

« … Puisque nos consciences se mirent souvent à nos dépens et puisque ce qui nous voit est souvent, lui-même, une forme de leurre… Puisque nos survies procèdent - aussi - des secondes de vertige que nous occasionnons chez nos prédateurs… Puisqu’avant d’être croqués, nous nous dérobons - parfois - vers d’autres points de vue… Puisqu’entre ocelles et paréidolies, ce qui est montré n’est pas nécessairement ce qui est vu… Et puisque l’œil est - aussi - l’outil du festin, il s’agirait - voyez-vous - de concevoir un dispositif qui voit autant qu’il est vu… ».
Thomas Monin, juin 2016.

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Thomas Monin, Sans titre, 2016 - encre sur papier, 75 x 75 cm

Dans le travail de Thomas Monin cohabitent souvent éléments naturels et artificiels. C’est encore le cas dans ses œuvres les plus récentes, que cette exposition lui donne l’opportunité de présenter pour la première fois. Ainsi, ce qui semble être une peau monumentale de cobra royal reposant sur le sol est en fait un tissu de sequins argentés sur lesquels sont collées des centaines d’épines végétales afin de reproduire le motif en forme de lunettes figurant sur le « capuchon » de ce serpent. Le titre de cette installation de 2016, Ground zero, renvoie, quant à lui, au quinzième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, aux États-Unis.

Inspiré « tant par les collisions culturelles du monde globalisant que par l’urgence actuelle de la préservation de la diversité des formes du vivant », l’art de Thomas Monin est donc bien plus qu’un simple art animalier, puisqu’il vise à « la prise de conscience des liens entre systèmes biologiques et processus culturels, […] au moment où les effets des activités humaines sur l’écosystème et le climat mettent en péril jusqu’à notre existence propre ». En effet, c’est bien de survie dont il est question, et ce sont des animaux menacés d’extinction que l’artiste a choisi de représenter.

Ainsi le requin paré de sequins métallisés et aux nageoires sectionnées (Sans titre (requin), 2016), présenté en équilibre sur le museau, attire notre attention sur un animal « bio-régulateur injustement décrié et massacré », victime de nos peurs archaïques et superstitions. Dans son analyse de la démarche artistique de Thomas Monin, l’artiste et maître de conférence en sémiotique de l’art (Université de Perpignan) Francesca Caruana écrit « ces œuvres surgies par acculturation « naturelle » font une liaison dantesque entre l’archaïsme le plus essentiel […] et les manifestations hystériques du monde occidental, [elles] montrent la chair de ce qui n’est pas dit » (Francesca Caruana, « Transmutation poétique » in Thomas Monin. De l’ampleur du Mélange, Clermont-Ferrand : Un, Deux… Quatre éditions, 2004). Finalement, notre nature sauvage n’est pas si éloignée de nous.

Plus d’infos :
- site de la galerie Barnoud
- site de Thomas Monin


- Exposition du 22 octobre 2016 au 28 janvier 2017 - entrée libre
- Ouvert de 15h à 19h le mercredi, le vendredi et le samedi
- fermé le 11 novembre et les 24 et 31 décembre
- Galerie Barnoud - Entrepôt 9, 2 rue Champeau (angle du boulevard de l’Europe) 21800 Quetigny (tram T1 arrêt Cap-vert)

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