Exposition - Chagny (71)

Thomas Schütte
Galerie Pietro Spartà

par Florian BOURGEOIS, Siloé PETILLAT

Thomas Schütte, né en 1954 à Oldenburg (Allemagne), apparaît dès le début des années 1980 sur la scène internationale après une formation aux côtés de Gerhard Richter à la Staatliche Kunstakademie de Düsseldorf. Lion d’or à Venise en 2005, il présente actuellement chez Pietro Spartà une exposition qui offre un large aperçu d’un travail faisant appel aux techniques et aux matériaux les plus divers. L’artiste le définit lui-même en empruntant au théâtre le terme de « répertoire », incluant la peinture, la sculpture et la construction. Le lien entre ces différents travaux est une réflexion centrée sur la condition humaine, les relations de pouvoir et d’assujettissement entre individus, le rôle de l’art et la pratique artistique aujourd’hui.

Dans l’espace de la galerie rue de Beaune, la première salle présente des gravures portraiturant des proches de l’artiste. Au centre de la pièce, une accumulation de socles supportent de petites sculptures en céramique représentant des têtes, juste esquissées (Klotzköpfe). Les murs de la deuxième salle présentent des aquarelles ainsi qu’un projet de fontaine publique, La femme qui pleure (Weinende Frau). La mort est évoquée dans la dernière salle au moyen d’aquarelles florales et d’un autoportrait sculpté en céramique (Me Memorial). La figure humaine, à travers des représentations souvent rudimentaires, occupe une place importante dans l’œuvre et les recherches de Thomas Schütte. Il l’intègre à son travail à partir du milieu des années 80 en réaffirmant ainsi la place de l’homme au centre de son art, alors qu’en Allemagne le drame de la shoah semblait l’avoir écarté.

À la même époque, Thomas Schütte propose également des maquettes d’architecture. Il n’est pas question de répliques de constructions existantes ou de projet de constructions à bâtir, mais de sculptures interrogeant leur propre rôle et leur statut au sein de la société contemporaine. Depuis les attentats du 11 septembre 2001 ont émergé de nouvelles propositions pour une expérience de cicatrisation par l’art et l’architecture. Dans le second espace de la galerie Pietro Spartà, rue de Chaudenay, deux autres têtes en céramique font référence au Bien et au Mal (The Good and The Bad), et on découvre la pièce majeure de cette exposition, la Maison de vacances pour terroristes (Ferienhaus für Terroristen), à échelle 1 : une architecture minimaliste et des couleurs vives, pour des terroristes qui ne sont peut-être pas ceux que l’on croit.

Enfin, à l’étage, est installé un ensemble de vases, de lampes et de meubles (Furniture) conçus avec des matériaux simples mais dont l’aspect rappelle les bois précieux. A travers ce mobilier du quotidien, Thomas Schütte interroge la notion d’« utilité » dans l’art.

L’artiste bénéficiera cette année de deux autres grandes expositions, au Museo Reina Sofia à Madrid (Espagne) du 16 février au 17 mai 2010 et à la Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland (galerie d’art et d’exposition de la République fédérale d’Allemagne) du 15 juillet au 7 novembre 2010.

Plus d’info :
- galerie Pietro Spartà, +33 (0)3 85 87 27 82
- site de Thomas Schütte

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P.-S.

- Exposition du 20 novembre 2009 à mars (espace rue de Beaune) et avril 2010 (espace rue de Chaudenay)
- Ouvert sur rendez-vous au +33 (0)3 85 87 27 82
- Galerie Pietro Spartà, 6 rue de Beaune et 30 rue de Chaudenay, 71150 Chagny