Exposition

Valérie Snobeck - Tool Construct

Le Consortium

par Siloé PETILLAT

Le Consortium présente une exposition monographique de l’artiste américaine Valérie Snobeck (née en 1980, vit et travaille à New York, USA).

Communiqué de presse :

« (Posture et imposture) » : rien n’y fait, sauf peut-être la peinture. Au moment où il est nécessaire d’affronter les stimulations d’une image qui sait paraître autre chose que ce qu’elle est. « Le tableau te constitue et tu constitues le tableau » (dixit Rémy Zaugg, peintre au pays des peintres). Alors pas d’hésitation : laissez aux autres — artistes y compris — le commentaire, l’analyse contextuelle, le politiquement juste, le cynisme ou l’ironie. Postez-vous et sachez voir.

Valérie Snobeck, Replication, 2010

Avec Snobeck, place à la réciprocité : à moins que vous n’ayez l’intention de vous approprier les derniers reflets qu’elle maintient comme leurre. La « propriété » est un vol organisé socialement qu’il faut comprendre comme un différé. Inversement, la possession réciproque s’invente ici et maintenant : du désordre que provoque l’artiste, elle fait naître la coopération entre l’œuvre et le spectateur. Simple comme « Bonjour monsieur Courbet ! ». Voilà pour la posture.

Valérie Snobeck déstructure les matériaux. Elle prend un miroir et par des processus impliquant acides, grattages, incisions, frottages, elle retire le métal au dos de la surface : sur les plaques ne restent que de subtiles traces de leurs vies passées. Elle obtient ainsi des surfaces graphiques, embellies d’ombres et de nuances métalliques, jouant par instant de l’opacité, de la translucidité et du miroitement. Elle « dépeint pour peindre » et peut installer un miroir (dont elle a attaqué la texture) pour capturer le mur de coin. Tant mieux pour l’imposture.

Valérie Snobeck, Rehersal : Curtain : Reversal : Curtain, 2010

Elle ajoute d’autres éléments, certains classiques (le marbre, le bois, la peinture et la céramique), d’autres tirés des technologies contemporaines (le tirage numérique et les processeurs digitaux). Les interventions de Snobeck attisent le conflit entre alchimie et machine. La déliquescence bouscule l’ordre des informations, mais engage la perception de processus matériels qui déterminent ce que nous construisons et ce que nous créons. Autant de vents contraires qui doivent servir le mouvement en avant pour peu qu’il ne soit pas simplement admis comme une fatalité.

Digital Dramatics Overt Distance, 2010 (partially erased mirror, hardware, peeled prints on plastic, screen protectors) est une œuvre qui vous ravit au moment où vous la saisissez et de suite vous laisse tout à vous sans pourtant vous abandonner tout à fait.

Et cela n’a pas de prix, sauf à ce que le spectateur se sente « politiquement autorisé » à lui en décerner un.

Xavier Douroux, un dimanche de janvier.

Plus d’info : site du Consortium

Valérie Snobeck, Installation View, Renwick Gallery, New York


- Exposition du 21 avril au 2 septembre 2012
- Vernissage en présence de l’artiste le vendredi 20 avril 2012 de 17h à 20h
- Ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 18h (21h le vendredi) ; fermé les jours fériés et du 13 au 28 août 2012
- Tarif : 4€ (gratuit pour les moins de 12 ans et pour tous le vendredi à partir de 18h)
- Le Consortium, 37 rue de Longvic 21000 Dijon (bus Divia L6 arrêt Princes De Condé ou L5 arrêt De Musset)

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