Exposition - Besançon (25)

Virginie Barré, Dorian Jude, Olivier Nottellet
Artyevents

par Siloé PETILLAT

ronchauxRoom, nouveau lieu d’expositions d’art contemporain à Besançon, présente Virginie Barré (née en 1970, vit à Douarnenez), Dorian Jude (né en 1980, vit à Paris) et Olivier Nottellet (né en 1963 à Alger (Algérie), vit à Lyon).

Communiqué de presse :

ronchauxRoom est un programme d’artyevents, association loi 1901 basée à Nantes et installée à Besançon. Dans le cadre de ses activités de production et/ou de diffusion de l’art, artyevents a pour mission le soutien à la création sous toutes ses formes : art contemporain, musique, danse, design, etc. Elle aide les artistes, entres autres, à l’apparition et réalisation de projets artistiques dans le cadre d’actions culturelles encourageant l’émergence des publics, facilitant la découvert de l’expérience du sensible.

Dans la capitale franc-comtoise, à chaque changement de saison, est organisée une exposition d’une dizaine de jours, au 26 rue Ronchaux, rez-de-chaussée gauche. Les artistes, seuls ou en groupe, sont invités à présenter leurs œuvres dans une des pièces du logement, entièrement vidée pour l’occasion. En septembre dernier, l’appartement en cours de rénovation a accueilli en préfiguration trois artistes autour de la question de la peinture, Fabien Boitard ; Cécile Meynier ; Miguel Angel Molina.

Ce premier rendez-vous dans sa configuration définitive présente trois artistes dont le dessin habite le travail : Virginie Barré, Dorian Jude et Olivier Nottellet. Les œuvres ont toutes été réalisées pour l’occasion.

Au travers de ses sculptures, installations ou dessins, Virginie Barré cultive le télescopage d’univers oniriques, réels, fictionnels et fantastiques, peuplés de figures. Puisant dans le vaste réservoir des cultures populaires (cinéma, presse magazine, télévision, bande dessinée, publicité, mode), « le socle d’un art démocratique » [1], dans celui plus savant des Beaux-arts et plus particulièrement de l’esthétique moderniste, ainsi que dans sa vie personnelle, l’artiste réalise des combinaisons d’éléments incongrus, comme sortis de la logique du rêve. Le croisement des références est là pour rappeler que le monde n’est pas un, mais pluriel, croisé, métissé et doit être décloisonné. Ses microrécits ouverts sont volontairement lacunaires, éclatés ; charge pour nous d’en imaginer une trame narrative possible. Ici, maquettes géantes d’épingles-bijoux, ou amulettes, sont comme abandonnées tels les bâtons de Cadere, pendant qu’une petite fille se cache derrière une peau jaune maquillée.

Dorian Jude, jeune artiste, qui fraîchement sorti de l’École régionale des Beaux-arts de Nantes, a travaillé dans une grande maison française de la joaillerie de luxe pendant quelques années, a repris depuis peu le chemin du dessin. Il y cultive l’art du croisement. La Pop, l’hybridation des formes, le glissement des genres, l’élégance, le beau, le grotesque se côtoient. Visages ou corps sculptés, maquillés, grimaçants, ceux de l’adolescence et de la jeunesse, l’être en définition, fondus en des formes impures, imparfaites, comme fragiles. À Besançon, la série est issue de très vieilles photographies glanées ici ou là. Portraits en buste ou de pied, seul ou en groupe, modifiés, triturés, tous encadrés dans de vieux cadres. L’ensemble installé sur et autour de la cheminée obturée par un sapin, s’énonce comme des souvenirs familiaux, éclats éparpillés d’une monstruosité étrangement familière.

Chez Olivier Nottellet, la feuille et le mur sont comme des écrans à traverser. Formes et figures noires et leurs contre-formes en réserve blanche campent un espace, celui-là même du dessin, où naissent trouées et perspectives. Des objets « en vrai » accompagnent ce déplacement : lampe au bras articulé et chaise de bureau. Fournitures standards attachées au pupitre du dessinateur, comme outils indispensables à l’émergence du travail. Apparition, disparition, ses fonds noirs ouverts sont à la fois révélateurs et absorbeurs de formes, comme des trous noirs de la pensée. Des trouées, des miroirs ronds donnent à voir ici mur et espace environnants. Le regard y pénètre ou s’y croise. « Et, l’on s’infiltre dans ses œuvres comme à l’intérieur d’un raisonnement, on circule à l’intérieur de ces masses noires comme au cœur d’une pensée qui n’aurait ni logique, ni finitude, mais qui n’en finirait pas de se creuser. » [2]

Plus d’info : artyevents l jeanmichel jagot, 06 83 32 17 29 ou artyevents@gmail.com

P.-S.

- Exposition du 6 décembre 2011 au 26 février 2012 ; entrée libre
- Ouvert sur rendez-vous (06 83 32 17 29 ou artyevents@gmail.com)
- ronchauxRoom, 26 rue Ronchaux 25000 Besançon

Notes

[1Lili Reynaud Dewar, cat. expo.Virginie Barré, Ville d’Angers ; Editions Loevenbruck, Paris 2006

[2Claire Guezangar, Le Fantôme tricéphale d’Olivier Nottellet, in French Connection, éditions Blackjack, Paris, 2008